En Mauritanie, le pouvoir tente de contrôler le réseau. Pour certains mouvements d’opposition, Internet est devenu un instrument indispensable de communication et de lutte...
Dimanche 8 avril 2001, la police mauritanienne a procédé à une série d’interpellations dans les milieux d’opposition. Parmi les personnes arrêtées, le dirigeant d’un parti de l’opposition (le Front Populaire Mauritanien), Chbih Ould Cheikh Malainine. Mais également la propriétaire d’un cybercafé situé à Nouakchott, la capitale du pays. La raison ? Toute personne travaillant dans le domaine de l’Internet est soumise à une étroite surveillance en Mauritanie. Le pouvoir s’inquiète de l’utilisation du réseau par les opposants. " Internet est utilisé par des militants de l’opposition radicale mauritanienne qu’ils soient à l’étranger ou au pays. Nous diffusons sur la toile beaucoup d’informations concernant la situation politique" éclaire Mohamed Ould Dogui le directeur de publication de la revue Le refus. Ce journal , lancé par le mouvement Faas (Front arabo-africain de salut) , milite pour le respect des droits de l’homme en Mauritanie et pour l’émergence d’une société civile, loin des clivages tribaux. Il combat aussi la survivance de pratiques esclavagistes.
Le Refus est sur laToile
" Très tôt, nous avons saisi l’intérêt que nous pourrions tirer d’Internet. Nous avons lancé notre site dès 1996. Et notre revue Le refus, n’existe que sur la toile " explique Mohamed Ould Dogui. " L’Internet échappe en partie au contrôle étatique mais le pouvoir mauritanien le tolère " anlyse Beddy Ould Ebnou, porte-parole du Front populaire mauritanien. Notamment pour des raisons économiques.
Une partie des opposants au régime du président Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya milite dans la clandestinité la plus totale. Une clandestinité qu’il préservent activement sur le réseau : " Internet est pour nous un outil très important de coordination, d’organisation et de communication autour de nos actions. Toutefois il est indispensable de respecter quelques règles pour échapper à la surveillance du pouvoir sur la toile. " Ouvrir un compte de courrier électronique sur un serveur situé à l’étranger plutôt que dans le pays. Par ce que, en Mauritanie, les deux fournisseurs d’accès, Mattel et Mauritel appartiennent à des hommes d’affaires proches du chef de l’état. Par ailleurs, les patrons de cybercafés sont tenus, sur demande, de transmettre une copie des courriers électroniques émis ou reçus chez eux, à la Direction de la sûreté de l’Etat. D’autre part, l’accès à la liste de diffusion Mauritanie-net, très utilisée par les opposants au régime, est interdite depuis les ordinateurs de l’administration publique. Devant la censure qui frappe régulièrement la presse indépendante, certains journaux mauritaniens ont publié leurs articles sur cette liste. Car pour l’heure, seule l’Agence mauritanienne d’information (AMI), l’agence de presse officielle, dispose d’une vitrine sur le réseau.
" Nous comptons monter un portail dédié aux journaux indépendants mauritaniens. Le pouvoir pensait qu’il se servirait d’Internet comme il a utilisé la presse officielle. Mais il est plus facile pour un état de censurer des journaux que de contrôler totalement le réseau " promet Mohamed Ould Dogui du Faas.
Les archives de la liste de diffusion Mauritanie-net
http://home.ease.lsoft.com/archives...
Le site du Faas
http://membres.tripod.fr/faas/
Le site du principal parti d’opposition dissout par le gouvernement fin 2000 UFD-EN (Union des forces démocratiques-ère nouvelle)
http://www.ufd-en.org/