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28/05/2003 • 16h08

"Rendre accessible le travail des médias alternatifs à Evian" [Aris Papathéodorou]

Un des pères de Mediactivism.org nous invite à un parcours "hors-piste" dans l’info alternative
 

Aris Papatheodorou est graphiste, journaliste et activiste. C’est un des fondateurs de Samizdat, un portail créé dans le mouvement des grèves de décembre 1995 par un collectif d’une dizaine de militants, "pour permettre l’expression des sans voix, sans légitimité, sans papiers...

Depuis plusieurs mois, Aris Papatheodorou travaille avec d’autres groupes européens à l’élaboration de Mediactivism.org, un nouveau portail destiné à être une chambre d’écho et un laboratoire des médias alternatifs. A la veille du début du contre-sommet d’Evian opposé au G8, il explique la vision qui sous-tend ce projet de long terme et les spécificités des médias "différents".

Vous lancez, à l’occasion du contre-sommet du G8, le portail Mediactivism. Quel est son but ?
Mediactivism s’est constitué au moment de la conférence zelig.rc2 (Rencontre d’activistes des médias et de l’Internet, en décembre 2002 à Paris, NDLR). Il s’agit de faire avancer la coopération entre les acteurs des médias alternatifs en Europe. Les premières occasions de tester ce nouveau portail seront le G8 à Evian, le Forum social européen à Paris en novembre prochain et le Sommet de la société de l’information (WSIS) à Genève en décembre.
L’idée c’est d’ouvrir un espace, ou plutôt des espaces, pour expérimenter des dispositifs de communication, pour tester des outils, pour faire circuler du savoir et de l’expertise.
Mediactivism.org, c’est une zone autonome temporaire pour avancer dans un processus plus large de coopération entre ceux qui produisent de l’information et du savoir en dehors des canaux institutionnels.

Les outils mis en place autour de votre portail Samizdat, comme le fil d’info Hacktivist News Service, ne suffisent-ils pas à couvrir l’évènement ? Pourquoi créer une nouvelle plate-forme ?
Mediactivism est une initiative lancée par des membres de Samizdat, effectivement, mais qui se veut indépendante, plus ouverte et plus large qu’un simple collectif. C’est pourquoi il y a une mailing list, un "portail" thématique, Mediactivism.org et un site de documentation, Mediactivism.net. A ce dispositif viendront s’ajouter d’autres outils, comme un wiki (un site contributif dont les pages peuvent être ajoutées et modifiées librement par les internautes, NDLR), un canal de messagerie instantanée cryptée, etc.
Dans les milieux alternatifs et militants, il y a quand même des formes d’autisme, de repli identitaire sur son propre groupe, ses propres références et mythes politiques. Il y a des moments où il faut savoir faire du "hors-piste", sortir de la simple reproduction de sa propre activité, pour emprunter des chemins de traverse.

Des voix dissidentes, comme la revue Silence, critiquent la pertinence des contre-sommets : à quoi servent-ils, si ce n’est à ritualiser et à baliser des espaces "anti" finalement peu dérangeants pour l’ordre établi ?
On peut effectivement se poser la question. En même temps, un mouvement a besoin de temps forts de mobilisation, et c’est souvent l’agenda de l’adversaire qui les détermine... Le problème, c’est finalement de savoir ce que l’on est capable de construire comme relations et comme capacités d’actions pendant ces temps de mobilisations, au-delà leur côté rituel ou leur "récupération".
A propos de récupération, je pourrais répondre à la manière du vieux Marx : la lutte est à la fois la contestation de l’état de choses présent et le moteur de son renouvellement. Ce qui compte, c’est le mouvement et sa capacité à produire des espaces de liberté, et non les jugements moraux sur une pureté "radicale" abstraite.

Le discours "altermondialiste" ne devient-il pas caricatural à l’extrême, à force de simplification, notamment lorsque, comme lors du sommet d’Evian, convergent et s’unissent des mouvements aussi différents que les groupes libertaires et des courants plus réformistes comme Attac ?
Il n’y a pas de discours "altermondialiste" en soit, mais des multitudes de discours, de subjectivités, de sensibilités. Là-dedans, il y a bien sûr de vieilles idéologies de gauche, comme l’idée d’une régulation étatique des marchés, ou des courants historiques de la critique radicale, comme les libertaires. Mais il y a surtout une foule de "choses exotiques" et très créatives, des petits groupes, des ONG, des réseaux plus ou moins informels.
Les pouvoirs établis, dont les médias, se focalisent sur Attac et le Black Bloc parce qu’ils ont besoin de repères simplistes, vendables comme spectacle. Nous, nous regardons les multitudes, avec leurs grandeurs et leurs faiblesses. Et là, il n’y a pas de discours "réformistes" ou "radicaux", mais la polyphonie d’un monde vivant.

Sur votre site vous lancez également une rubrique "Mediawatch", en collaboration avec Action-critique-médias (Acrimed). Observer les médias, c’est dans "l’air du temps". En quoi votre approche se différencie-t-elle de celle des "spécialistes officiels", sociologues ou journalistes ?
Disons que, tant de notre côté que de celui d’Acrimed, il y a une volonté de confrontation et de coopération, de réduire la séparation entre la critique de la raison médiatique et la production alternative d’information et de communication. Une des mille façons de produire de la coopération au sein les multitudes.

En quoi Mediactivism se distinguera-t-il des autres médias contributifs dont la limite, en France, semble avoir été atteinte avec l’échec récent du portail Indymedia France ?
Dans son état actuel, le site Mediactivism est une sorte de "méta-média" : nous nous contentons de proposer un espace de visibilité et de coopération. Mediactivism n’est pas, et ne veut pas être, un média "de plus".
De fait, nous ne prenons pas position sur les pratiques des uns et des autres. Que les sites syndiqués fonctionnent ou pas selon un principe de libre contribution n’est pas important. Même s’il est notoire que nous ne sommes pas de chauds partisans de la contribution libre à la mode Indymedia... (lire "Comment tourne Indymedia France ?")
Les limites de la contribution libre sont évidentes et, d’ailleurs, de nombreux versions d’Indymedia commencent à introduire des formes de modération (lire "Indymedia le journalisme en liberté"). En même temps, la richesse de l’expérience globale du réseau Indymedia, c’est d’avoir mis l’accent sur la nécessité de faire exister des espaces de pratique de la communication ouverts aux non-spécialistes.
Avec Mediactivism, nous expérimentons nous aussi les systèmes ouverts de communication, tout en cherchant à contourner les "effets pervers" de la contribution libre. Pour y arriver, nous tentons d’inventer des méthodes de coopération, de rédaction à plusieurs mains, des espaces de publication plus "intimes", etc...
Pour le G8 d’Evian, ce qui nous intéresse, c’est de centraliser le travail fait par divers médias alternatifs pour éviter qu’il ne se disperse et finisse par se perdre sur le web et les listes de courrier électronique confidentielles. Nous ne souhaitions pas créer un dispositif de production d’informations supplémentaire, mais plutôt valoriser la richesse et la diversité des médias alternatifs dans leur ensemble.

Comment dépasser les limites de l’auto-publication : diffusion hâtive, désinformation, surexcitation militante... ?
Il n’y a pas de limite à l’auto-publication ! Publication hâtive, désinformation, surexcitation militante... ce sont des composantes naturelles d’une pratique de l’information qui ne vise pas à l’objectivité. Qu’est-ce, au fait, que l’objectivité ? Nous revendiquons la subjectivité, en assumant le risque d’un certain décalage avec la réalité. Un décalage qui, de toute façon, sera toujours moins important celui qui existe dans le "récit objectif" des médias dominants.
Prenons l’exemple des chiffres de participations aux manifs : les militants les gonflent à souhait, les flics les réduisent parfois jusqu’à des chiffres ridicules, et les médias tranchent pour donner un chiffre qui veut être un "juste milieu". C’est ça l’objectivité !
Mais ce n’est pas la réalité, parce que la réalité ce ne sont pas que des chiffres et des pourcentages, mais ce qui se passe dans une courte unité de temps entre un certain nombre de personnes. Et, dans la réalité, il y a parfois des choses bien plus riches dans une street party de 2000 personnes que dans une manif unitaire de la gauche avec quelques centaines de milliers de manifestants.

Le portail Mediactivism:
http://www.mediactivism.org/

Le centre de documentation de Mediactivism:
http://www.mediactivism.net/

Le site du Forum Social européen à Paris/Saint-Denis:
http://www.fse-esf.org

Le site du Sommet mondial de la société de l’information à Genève:
http://www.wsisgeneva2003.org/

Le portail Samizdat.net:
http://www.samizdat.net

Hacktivist News Service (Samizdat):
http://hns.samizdat.net/

"Ils pourront toujours se brosser avec leurs lois", interview d’A. Papatheodorou et J.-P. Masse (Transfert.net):
http://www.transfert.net/a1890

 
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