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19/02/2001 • 19h31

Marie Dorigny : "Je ne peux pas faire beaucoup plus que ces photos"

En 1992, Marie Dorigny, photographe à l’agence Sipa, est partie avec les journalistes de l’agence CAPA TV, enquêter sur l’exploitation des enfants. Un travail de six mois dans cinq pays. Elle raconte sa colère.

Transfert - Ce thème de l’exploitation traverse votre travail depuis dix ans. Le premier reportage en 1992 a marqué votre vie ?

Marie Dorigny - Oui, bien sûr. Le travail des enfants n’est pas un sujet anodin, on met le doigt sur un vrai phénomène de société. Avant, je faisais du news, c’était intéressant. Mais là, c’était différent, je travaillais sur un phénomène qui impliquait tout notre système économique et des millions d’enfants. Après avoir fait ces photos, je me suis aperçue que mon agence en avait des tonnes et des tonnes, identiques aux miennes. Tous les cinq ou dix ans, un livre-photo sort pour dénoncer cette situation. Les photos sont identiques : ça n’évolue pas. Le travail des enfants est un sujet connu, reconnu et dénoncé, mais rien ne bouge. Ou alors très lentement et de manière ponctuelle. Il y a bien une convention des droits des enfants qui a été signée et ratifiée même, mais elle n’est absolument pas respectée. Je crois qu’il manque un véritable mouvement global.

Votre photo d’un enfant fabriquant des ballons Nike, photo publiée dans le magazine Life, a un peu remué les choses ?

Nike a essayé de démonter mon travail, en disant que la photo était truquée et que j’avais fait apporter les ballons. Ils ont fait pression sur la direction de Life et fait publier des articles dans les quotidiens où leur siège est installé. Heureusement, des journalistes ont commencé d’autres investigations et montré la réalité. Nike a fini par dire que oui, il y avait du travail d’enfants mais que ce n’était pas de leur ressort, que c’était dans les traditions de ces pays. L’argument classique : sans ce travail, ces enfants seraient dans la rue, prostitués. C’est n’importe quoi. S’ils veulent faire du social, qu’ils embauchent leurs parents à des salaires décents.

On ne sort pas indemne de ce genre de reportages ?

J’avais 30 ans à l’époque et cette rencontre a vraiment été un bouleversement. Quelque chose de dramatique. Je n’avais jamais vu une telle réalité. Des gamins enfermés dans des caves, qui y travaillent, qui y dorment sans jamais sortir. Les plus petits avaient à peine 5 ans dans les briqueteries en Colombie, 6 dans les ardoiseries en Inde. Pour les tapis, ils commencent leur apprentissage et leur formation à 6 ans et font leur premier tapis à 8. Et ils racontent tous la même chose : qu’ils préféreraient être à l’école et qu’ils ne sont pas heureux. Même s’ils savent que c’est leur vie et que la survie familiale dépend d’eux. La famille ne peut pas s’en sortir sans leur salaire car souvent les parents sont au chômage. Les entreprises préférant embaucher leurs enfants, beaucoup moins chers et plus maléables. Une main d’œuvre idéale. Mais vraiment le plus dur, c’était de repartir en les laissant derrière. On culpabilise à mort de ne rien faire de plus. C’est pourquoi je me suis impliquée ensuite, auprès d’associations et des pouvoirs publics. Mais finalement je ne peux pas faire beaucoup plus que ces photos. Je ne vais pas adopter tous les enfants que j’ai vus.

Qu’est qui peut faire changer cette situation ?

Il faut informer le consommateur. Et même ça, c’est infime : seuls 10 % des produits fabriqués par les enfants sont destinés au marché occidental. Car le problème est avant tout un problème national. Mais 10 % c’est déjà énorme. On estime de 200 à 250 millions le nombre d’enfants qui travaillent. Donc si déjà, on a un poids sur 25 millions d’enfants, ce n’est pas négligeable. Les patrons des entreprises concernées ont un discours pathétique, ils refusent de reconnaître qu’ils vont dans ces pays pour bénéficier d’une main d’œuvre malléable et pas chère. Ainsi, le patron d’H & M raconte que s’il allait en Asie, c’est parce qu’il y trouve les meilleures brodeuses du monde. C’est vraiment se foutre de notre gueule.

Et dans votre vie quotidienne de consommatrice, vous faites comment ?

J’essaye de consommer équitable. Mais c’est assez compliqué. Je fais attention aux étiquettes, j’évite d’acheter des produits fabriqués dans des pays où il y a des abus. La plupart des fabricants, dans des domaines précis comme l’équipement sportif, vêtements et équipement de maison, font fabriquer à l’étranger. Par exemple, je n’achète plus Nike depuis dix ans, mais j’ai du mal car les autres aussi font fabriquer en Asie. Une fois dans un Décathlon, j’ai eu un accrochage avec un père de famille. Je voulais lui expliquer que les ballons Nike qu’il voulait acheter avaient été fabriqués par des enfants. Le type m’a regardé en me disant : Et je vais acheter quoi moi pour mes gamins ?

 
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