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11/06/2003 • 18h19

Global Internet Solutions, un petit business d’email de pub de masse

Derrière leurs sites de vente en ligne, trois frères font dans la prospection commerciale

Olivier, Thierry et Jean-Sébastien Rimmel sont à la tête de Global Internet Solutions, une petite société basée à Metz. Si leur activité principale est la vente en ligne, via une vingtaine de sites commerciaux, ces trois frères sont aussi connus sur le réseau comme spécialistes des emails "non-sollicités", l’autre nom du fameux spam. Plongée dans ce business familial, qui revendique plus d’un million d’adresses de prospects français.

Olivier, Thierry et Jean-Sébastien Rimmel emploient une petite dizaine de salariés. Fondée en 1997, leur affaire, Global Internet Solutions (à ne pas confondre avec un fournisseur d’accès californien), est un véritable souk en ligne. Tout, ou presque tout, peut être acheté et vendu sur leur vingtaine de sites : des T-shirts aux masques africains, du sexe au billet d’avion, des bonbons au city-guide, du référencement de site aux logiciels informatiques de transaction en ligne...

Olivier Rimmel se présente comme "spécialiste de la sécurité informatique et de sécurité sur l’internet, fort de 18 ans d’expérience dans l’intelligence artificielle et dans le développement et l’automatisation de systèmes d’assistance à la décision". Thierry Rimmel est "diplômé d’état des ’Métiers de la Forme’, spécialisé dans la méthodologie d’entraînement pour tous publics". Jean-Sébastien Rimmel se montre lui comme un philanthrope écologiste et déclarait, dans un forum en ligne, vouloir amener la France au Bonheur vert.

Premiers pas dans le spam

Malgré leur image d’entrepreneurs respectables, les frères Rimmel ont acquis sur le réseau une réputation de spammeurs. A leurs débuts, ils envoyaient des annonces de vente d’ordinateurs Mac sur des forums de discussion qui n’en demandaient pas tant, comme ceux du CRU ou de l’Ada. Ils n’ont ensuite pas hésité à spammer les espaces de discussion d’organismes de régulation et de standardisation de l’Internet comme le W3C ou l’ICANN. Aujourd’hui, nombre d’internautes et d’entreprises ont fait les frais de leurs envois de publicité non sollicités.

Dans l’intitulé de ses emails commerciaux, Global Internet Solutions cherche à inciter le prospect à consommer ou à spammer lui-même : "MEDIACASH.COM échange votre ordinateur contre un autre plus récent !", "IMPORTANT : Découvrez comment mieux rentabiliser votre site", "Communiquez sur un bus-mailing vers des milliers de futurs clients"...

On estime aujourd’hui que plus de la moitité du trafic d’emails sur internet est généré par le spam. Fournisseurs d’accès, autorités et internautes sont tous mobilisés contre ce "fléau", qui consomme temps et argent.

Pascal Simacek, commercial chez Global Internet Solutions, dans un email de prospection malencontreusement envoyé à Transfert, affirme que sa société possède "1 200 000 emails nominatifs B2C, dont 200 000 emails B2B". Selon les descriptions fournies sur le service emailingprovider.com, qui appartient à Global Internet Solutions, ces emails concernent "le marché français uniquement".

"Ca ne rapporte pas des millions"

Avec une telle capacité, la société messine se classerait facilement au top 3 des brokers d’emails français. Selon les auteurs des Clés de l’e-mail (éd. Maxima), les trois ténors français, Buongiorno France, I-base et Consomail (de Consodata) détiennent respectivement 1,5 million, 1,2 million et 1 million d’adresses de particuliers.

Pascal Simacek assure que "peu d’emails sont récupérés, mais suffisamment pour constituer une base convenable". Selon lui, cette base de contacts n’est pas une mine d’or pour Global Internet Solutions : "La commercialisation de nos fichiers ne nous rapporte pas des millions. Nos prix sont au niveau des concurrents..."

Global Internet Solutions vend le contact email 0,10 euro, envoi compris. Des prix inférieurs à ceux de ses concurrents, qui proposent le même service autour de 0,19 euro.

La prospection commerciale semble prendre de l’importance chez Global Internet Solutions, où on avoue que les activités de vente en ligne sont en recul : "Mediacash, notre activité initiale de vente et d’achat de matériel high-tech d’occasion, perd des parts de marché par rapport aux concurrents notamment américains, explique Simacek. Cela nous oblige à nous diversifier." D’après le commercial, les sites grand public, T-shirt Avenue et Sweet Discount en tête, ne ramèneraient que du trafic : "On y achète peu."

Méthodes maison

Comment Global Internet Solutions collecte-t-il les adresses emails ? La tête de pont du système sont les sites grand public du groupe, qui forcent l’internaute à saisir un email - de préférence "son" email - pour accéder à leur page d’accueil. Cette politique commerciale est loin d’être répandue sur internet. Pascal Simacek, qui se dit "homme polyvalent" chez Global Internet Solutions, se justifie : "C’est la politique de la maison. La Fnac ou Amazon demandent également l’email de l’internaute, nous avons juste décidé de le faire tout au début et une fois pour toute."

Dans certains cas, l’email donne lieu à une création d’un compte sur le site appartenant à Global Internet Solutions, où figurent uniquement coordonnées postales, numéros de téléphone, email et consentement à recevoir des offres de partenaires. Initialement, le compte fonctionne en "opt-in passif", c’est-à-dire que l’internaute, sauf s’il le spécifie en modifiant son compte, accepte que ses données soient commercialisées.

D’autre fois, par exemple sur le site tribalshop.com, l’email donne lieu à une création de compte allégé : le consentement n’est plus demandé à l’internaute. Il devient implicite : "Par notre intermédiaire, vous pouvez être amené à recevoir des propositions d’autres sociétés", lit-on dans les conditions générales de vente.

Enfin, sur certains des sites du groupe, l’internaute, une fois qu’il a rentré son email, n’a ni compte, ni information sur ce que son adresse va devenir. C’est le cas d’airoperator.com, un site de réservation de billets d’avion.

Le sens de l’anticipation

Interrogé sur ces pratiques, qui ne laissent à l’internaute que peu de contrôle sur ses données personnelles, Pascal Simacek défend encore la méthode maison : "Les gens se doutent bien qu’en saisissant leur email, ils se feront recontacter ultérieurement." Le commercial modère ensuite son propos et reconnaît "qu’effectivement, nous pourrions mieux informer les gens".

"La désinscription est offerte. C’est quelque chose que nous respectons, explique Pascal Simacek. Nous classons les emails en deux catégories : ceux qui acceptent de recevoir les informations ou les newsletters spécifiques aux sites et ceux qui acceptent de recevoir les publicités de nos partenaires. Nous avons des gens qui font partie de chaque catégorie, et d’autres qui ne font partie d’aucune."

Global Internet Solutions se fait en effet fort de stocker "par anticipation" les adresses emails des internautes ne souhaitant explicitement pas recevoir de spam. Pour prouver sa bonne foi, Pascal Simacek rappelle aussi que Global Internet Solutions déclare tous ses fichiers à la Cnil, la Commission informatique et libertés chargée de protéger la vie privée des internautes.

Blagues et bonne foi

Cette précaution n’est pas malheureusement pas toujours une garantie contre le courrier indésirable. "Certains spammeurs, pour éviter la législation européenne, exportent une partie de leur base à l’étranger, aux Etats-Unis par exemple, explique un spécialiste de l’emailing interogé par Transfert. "En France, ils ne déclarent à la Cnil que les fichiers correctement saisis." En 2003, Global Internet Solutions a ouvert une filiale basée à Miami.

Interrogé sur les effets négatifs du spam sur le réseau, Pascal Simacek défend son activité et désigne les internautes comme responsables. Il stigmatise "les blagueurs qui rentrent des emails ne leur appartenant pas". Selon lui, Global Internet Solutions n’aurait compté à ce jour qu’une seule personne ayant affirmé de bonne foi ne jamais avoir été sur leurs sites.

"Beaucoup de gens se plaignent d’avoir des emails non sollicités, mais aucun ne fait l’effort de se désabonner", accuse encore Pascal Simacek.

Il est vrai que, dans ses conseils pour se prémunir contre les spams, la Cnil conseille aux internautes de ne pas cliquer sur les liens hypertextes insérés dans le corps de l’email et de de ne jamais répondre à un message commercial non sollicité...

Le site de Global Internet Solutions:
http://globalinternetsolutions.com/

"Le spam est un mal nécessaire", portrait de Fabrice Halimi (Transfert.net):
http://www.transfert.net/a8846

 
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