24 03 2017
Retour a la home
Rubrique Économie
Économie
Rubrique Société
Société
Rubrique Technologies
Technologies
Rubrique Culture
Culture
MOTS CLÉS
 
Tous les mots

DOSSIERS...
 Le projet |  L’équipe |  L’association |  Nos outils  | Actualités |  Sources |  Alertes  
Abonnés : connectez-vous

 
Oubli du mot de passe
TRANSFERT S'ARRETE
Transfert décryptait l'actualité des nouvelles technologies, proposait un fil info quotidien et une série d'outils de veille. Notre agence, refusant toute publicité, dépendait de ses abonnements.
  COPINAGES
Jouez sur iPhone à Lucioles.
Sauvez la planète en lisant Terra Eco.
Et pourquoi pas plonger dans Nautilus ?
Ecoutez Routine.
Chiffre du jour
700 000
dépistages génétiques chaque année en Europe, selon la Commission européenne (...)
Revue de Web
 Lindows harcelé
 Cyberdissidents vietnamiens en appel
 Plus de CO2 = moins d’eau potable
Phrase du jour
"Ce service public que nous assurons a besoin de votre soutien pour perdurer"
L’association Inf’OGM, qui justifie la fin de la gratuité de son bulletin d’information (...)

Dossier
Le nucléaire mis au secret
Dossiers récents
 Racisme en ligne : l’affaire Sos-racaille
 Le fichage des passagers aériens
 La bataille des brevets logiciels
 L’impasse énergétique
 L’hydrogène, une énergie (presque) propre
Tous les dossiers
Spacer
Unes de la semaine

lundi 1er/12 Transfert.net

vendredi 28/11 Économie

jeudi 27/11 Société

mercredi 26/11 Culture

mardi 25/11 Économie

Spacer


24/10/2003 • 15h07

"EDF n’est pas privatisable" [François Soult]

Ce haut fonctionnaire, auteur d’"EDF, un désastre inéluctable", démonte la logique de la privatisation de l’électricité
 

Le débat sur la loi d’orientation sur les énergies, qui doit avoir lieu bientôt au Parlement, va être l’occasion de décider quelle sera la politique énergétique de la France pour les 30 ans à venir. Le rapport Besson, fruit du débat national sur les énergies, semble en avoir tracé les grandes lignes : poursuite du programme nucléaire et développement des énergies renouvelables. EDF sera au coeur de ces politiques.

Or, l’entreprise devrait bientôt changer de statut. Une mutation qui accompagnerait la libéralisation des marchés de l’électricité. Celle-ci rentrera en application en France en 2007.

François Soult est énarque et haut fonctionnaire, auteur de EDF, un désastre inéluctable, paru en avril dernier chez Calmann-Levy. Un manifeste informé et engagé qui s’alarme des politiques en cours à la lumière de la situation en Californie ou en Angleterre. Il évoque pour nous les enjeux des débats actuels sur l’énergie.

La future loi française d’orientation sur l’énergie devrait conforter le nucléaire en tant que première source d’énergie électrique. Que vous inspire ce choix industriel, à l’heure de la libéralisation du marché électrique ?
François Soult : Je n’ai pas d’opinion tranchée sur le nucléaire. Ce que je retiens en revanche, c’est que l’intervention de l’Etat dans la production nucléaire devra rester prépondérante car un actionnaire privé ne prendra pas le risque de s’engager dans une telle filière. Les investissements sont lourds (une centrale moderne de 1450 mégawatt coûte aujourd’hui près de 10 milliards d’euros, ndlr). Or, c’est grâce aux liens avec son propriétaire public, qui supporte implicitement les risques non mesurables et non assurables, qu’EDF a pu trouver des financements sur le marché, jusqu’à atteindre un niveau de dette de 30 milliards d’euros. Sans compter les provisions faites par EDF pour le démantèlement des centrales, le stockage et le retraitement des déchets nucléaires (elles s’élèvent aujourd’hui à 27 milliards d’euros, ndlr). En outre, la volatilité des prix du marché de l’électricité rend la rentabilité des centrales nucléaires aléatoire.

Croyez-vous que le changement de statut d’EDF, qui va bientôt être débattu, peut entraîner sa privatisation ?
La transformation d’EDF en Epic (établissement public à caractère industriel et commercial) est faite pour privatiser l’entreprise, un processus que certains responsables politiques de la majorité jugent "inéluctable". Mais EDF n’est pas privatisable. Un opérateur privé ne s’engagerait pas sans couverture par l’Etat de la plupart des risques. Ce qui serait une drôle de privatisation.
Elle n’est d’ailleurs pas souhaitable en terme économique : les tarifs du kilowatt/heure sont bas, il faudrait les augmenter pour que l’opération devienne rentable.
Mais qu’EDF soit privatisée ou pas, la libéralisation coûte cher car elle impose la scission de monopoles en entités séparées : réseau, transport des électrons, production, distribution. Il faut donc multiplier les systèmes d’information, de publicité, de démarchage des clients...
A ce jeu, seuls les gros sont rentables. A l’arrivée, on supprime des monopoles nationaux régulés pour se retrouver avec quelques oligopoles européens incontrôlables (car transnationaux et à capitaux privés).

Certains écologistes estiment que la fin du monopole peut permettre à des producteurs d’énergies renouvelables de gagner des parts de marché et donc d’entraîner le décollage de ces énergies (éolien, photovoltaïque...)
L’idée des Verts européens est une foutaise. Ils défendent une position idéologique, en espérant faire péter le géant nucléaire EDF. Mais la réalité est plus triviale : les énergies vertes ne décollent pas car elles ne sont pas rentables, faute de vraie innovation technologique.
Elles restent environ 5 fois plus chères que le charbon, et 6 fois plus que le nucléaire, et ne se développent que grâce à des prix d’achat élevés à la charge d’EDF. C’est un choix de société : si vous voulez des énergies propres, il est possible de faire baisser les coûts avec, par exemple, des productions en série de panneaux solaires. Mais il faut pour ça des subventions, donc des impôts.
De plus, l’éolien divise les Verts entre écolos de bureaux et militants de terrain, qui s’indignent du découpage des oiseaux en rondelle et de la dégradation des paysages.

La labellisation de l’électricité produite ne peut elle pas encourager les consommateurs à acheter du courant "renouvelable" ?
C’est vrai, mais de manière tout à fait marginale, sur des clientèles déjà sensibilisées et prêtes à y mettre le prix. Vous achetez d’abord l’électricité produite à côté de chez vous. Vous n’allez pas demander à des ouvriers de payer plus cher pour de l’électricité produite par une ferme éolienne du Danemark...

Que vous inspire le "blackout" italien, cette gigantesque panne d’électricité qui a touché nos voisins le mois dernier ?
Je ne sais pas si cette panne est liée au processus de libéralisation, la même chose se serait peut-être produite il y a dix ans. L’orage qui a touché le sud de la France a provoqué une surcharge, puis un problème de communication entre les réseaux français et italien a généré le court-circuit. L’accident démontre en tout cas que le marché intérieur européen de l’électricité n’existe pas, malgré les directives qui imposent de multiplier les lignes internationales. Mais les gens ne veulent pas de ligne à haute tension, ni au-dessus de leurs maisons ou au milieu des vallées alpines ou pyrénéennes. La multiplication des opérateurs et la concurrence vont à l’encontre d’une logique d’intégration, avec des opérateurs capables d’équilibrer l’offre et la demande.

Vous réclamez l’ouverture d’un vrai débat sur la libéralisation. Mais les directives sont votées et vont rentrer en application...
Il faut continuer à défendre l’idée de subsidiarité entre le producteur d’électricité et l’Etat. Les Etats doivent choisir le modèle qui leur convient, qu’il soit libéral ou pas. Le marché n’est pas la bonne réponse pour résoudre les dysfonctionnements, bien réels, des monopoles. On ne peut pas, par exemple, laisser EDF fonctionner à 80 % avec du nucléaire. Mais la Commission européenne est dans une logique d’enjeux de pouvoir : idéologie libérale en tête, elle veut intégrer le plus de domaines possibles au marché intérieur de l’Union. Mais en faisant ça, elle joue l’Europe contre ses Etats membres. Jusqu’ici résignés, les politiques semblent toutefois avoir ouvert les yeux après la crise d’EDF et les "blackout" de cet été.

Résistances électriques et gazières:
http://www.globenet.org/aitec/reg
 
Dans la même rubrique

28/11/2003 • 19h29

Quand le déclin de la production pétrole mondiale va-t-il débuter ?

28/11/2003 • 19h19

Les réserves de pétrole sont dangereusement surévaluées, dénonce un groupe d’experts

25/11/2003 • 19h13

Les hébergeurs indépendants ne sont toujours pas responsables, pour l’instant

25/11/2003 • 19h04

Les licences Creative Commons bientôt disponibles en français

21/11/2003 • 19h36

Deux affaires judiciaires relancent la polémique sur la responsabilité des hébergeurs
Dossier RFID
Les étiquettes "intelligentes"
Dernières infos

28/11/2003 • 18h33

La Criirad porte plainte contre la Cogema pour avoir diffusé des infos sur les déchets nucléaires

27/11/2003 • 19h01

Un traité onusien veut obliger les belligérants à nettoyer les "résidus explosifs de guerre"

27/11/2003 • 17h14

La Cnil met les"étiquettes intelligentes" sur sa liste noire

26/11/2003 • 19h06

"The Meatrix", un modèle de dessin animé militant, hilarant et viral

26/11/2003 • 18h54

Un observatoire associatif pour lutter contre les inégalités

26/11/2003 • 18h47

Pour les Etats-Unis, les essais nucléaires ne sont pas encore de l’histoire ancienne

24/11/2003 • 22h09

EDF refuse d’étudier la résistance de l’EPR à une attaque de type 11-septembre

24/11/2003 • 18h36

La Grèce bannit la biométrie de ses aéroports à un an des Jeux olympiques

24/11/2003 • 18h16

10 000 manifestants réclament la fermeture de la School of Americas

21/11/2003 • 19h04

Un anti-raciste poursuivi en justice pour antisémitisme

21/11/2003 • 18h48

Le festival Jonctions confronte art, technologies et éthique

20/11/2003 • 19h28

Un fonctionnaire ne peut utiliser sa messagerie professionnelle à des fins religieuses

20/11/2003 • 19h00

Les technologies de surveillance automatisée tiennent salon au Milipol 2003

20/11/2003 • 18h22

Zouhaïr Yahyaoui libre, les cyberdissidents tunisiens restent harcelés par le régime

20/11/2003 • 16h29

Le site parodique Send Them Back milite pour le renvoi de tous les mp3 "volés" à la RIAA


Contacts |  Haut de page |  Archives
Tous droits réservés | © Transfert.net | Accueil
Logiciels libres |  Confidentialité |  Revue de presse