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15/01/2001 • 11h22

ARCHIVES 1.09 - Je ne suis pas Che Guevara

Surtout connu comme directeur des effets spéciaux, Pitof crée l’événement en réalisant le premier long métrage en numérique haute définition. Et se paie le luxe de devancer George Lucas de quelques mois. Le tournage ? « Un merdier énorme. » Le résultat ? « Un film un peu différent de ce qu’on connaît. »

Pitof s’est fait un nom comme directeur des effets spéciaux numériques : Delicatessen, La Haine, Alien IV, ou encore Jeanne d’Arc, c’était lui. Il passe aujourd’hui à la réalisation pour Vidocq, un long métrage à gros budget avec notamment Gérard Depardieu et Guillaume Canet. Mais la vraie star du film est une caméra numérique haute définition (HD) : Pitof est le premier réalisateur au monde à l’utiliser. Il coiffe au poteau George Lucas, qui tournera avec elle Star Wars Episode II. Il n’a pas pour autant la grosse tête. Pour lui, la révolution est ailleurs.

On en sait peu sur Vidocq. C’est pourtant un événement : le premier film tourné en numérique HD !

Il s’agit seulement de gérer la communication, avec cohérence. Il reste du temps avant la sortie en salles, prévue pour le printemps 2001. Ce que l’on peut dire, c’est qu’il s’agit d’un film en costumes dans le Paris de 1830. Ce n’est pas un film à effets spéciaux, mais il a été tourné entièrement en numérique, et il y a du trucage.

Avez-vous eu l’impression d’essuyer les plâtres ?

Forcément. Même si la technologie est au point, à partir du moment où on est le premier, on essuie les plâtres. La caméra numérique n’avait pas tous les accessoires habituels d’une caméra 35 mm, il manquait un paquet de choses. On a fait des essais pour ne pas prendre de risques, mais on a eu de grosses frayeurs. Par exemple, la caméra faisait du bruit, ce qui était très gênant pour les prises de son en direct, mais on ne pouvait pas l’étouffer. Sinon, la caméra chauffait...

Et côté organisation, ça change quoi, un tournage en numérique HD ?

Avec une caméra 35 mm, on est habitué à tourner de la même manière depuis plus de cent ans. Les équipes et les mentalités sont rodées. Pour tourner en numérique, il a donc fallu un transfert des habitudes. Pour être très technique, un film en 35 mm encaisse 6-8 diaph [ouverture de diaphragme, ndlr] : si le chef-opérateur se gourre d’un diaph, ce n’est pas grave, on peut reprendre ça au labo. Sur cette caméra numérique, il faut tourner au demi-diaph près et on n’a pas droit à l’erreur. Le chef-op’ doit constamment avoir, comme en vidéo, un écran haute définition. Avantage ou inconvénient ? Je ne sais pas. C’est vrai, on peut dorénavant visionner les scènes tout de suite. Mais sur le plateau, on est obligé d’avoir une grande cabane avec un écran, et le chef-op’ est coincé dedans. On a eu très peu de temps de préparation, entre le moment où on a vu la caméra et le moment où on a tourné. On s’est donc adapté au système et on a improvisé notre manière de travailler. Maintenant, est-ce que la démarche va être rationalisée par d’autres équipes, je ne sais pas. On peut tourner façon reportage sans avoir forcément l’œil rivé sur l’écran de contrôle, ou alors avec un souci esthétique, comme on l’a fait sur le film.

Il y avait du stress sur le tournage ?

Non, pas de stress, mais un tempo différent. En 35 mm, le rythme est lié aux rushes : les films vont au labo pour être développés et le lendemain soir, on voit ce qu’on a fait la veille. Là, il n’y a pas de labo, on n’a pas de projecteur, on avait à peine des écrans, donc les techniciens n’ont pas pu voir l’avancée du film, ni les producteurs d’ailleurs. C’est sûr que ça amène un peu d’inquiétude dans l’équipe : on n’a pas le temps de voir si les costumes et les décors sont beaux à l’image. On peut voir en direct sur l’écran ce que ça donne, mais ce n’est pas pareil qu’une projection à froid, en salle. Ça fait beaucoup de changements, en fait.

Être le premier à tourner en numérique HD, ça fait quoi ? C’est excitant ?

C’est plus pour l’anecdote [sourire]. Je ne pense pas que je vais révolutionner le cinéma international. Au final, c’est un film qui sera juste un peu différent de ce qu’on connaît. Mais c’est juste le début de la révolution. Je ne suis pas Che Guevara. La vraie révolution est beaucoup plus profonde. Ce qui est le plus important, c’est la diffusion. Le tournage, ça reste accessoire par rapport au reste. Un film, c’est des acteurs, un scénario, une manière de diffuser les images. Aujourd’hui, on est encore à la diffusion en 35 mm. Un film, même tourné en numérique, est encore transféré sur pellicules avant d’être projeté.

L’image est-elle différente ? On dit qu’il y a un léger effet stroboscopique ? Faut-il en tenir compte au moment du tournage ?

C’est vrai qu’il y a des différences. J’ai créé l’univers visuel en fonction de la caméra. Maintenant, les affaires de stroboscope, c’est un truc d’enculeur de mouches. Je m’en tape, ça ne m’intéresse pas. Si, sur un million de personnes, il y en un qui voit ça, je lui rembourse sa place. D’ailleurs, si un million de personnes vont voir le film, ça serait génial... Mais ce qui est clair, c’est que l’esthétique est différente.

Star Wars Episode II, de George Lucas, va être tourné avec la même caméra. Et on risque de retenir son nom plutôt que le vôtre comme précurseur du tournage en numérique HD. Ce n’est pas frustrant ?

Je ne suis pas George Lucas, je ne rivalise pas avec lui. C’est lui l’innovateur dans le domaine et c’est lui qui a le pouvoir médiatique de faire bouger le cul des mecs de Sony, et de les cautionner aussi. Si moi je dis à Sony : « Je vais vous aider à faire un film », je ne représente que dalle. Maintenant, la caméra que j’ai eue est une Sony, pas une Lucas, même si on dit que c’est lui ou sa société qui a participé à sa mise au point.

Qui a pris contact ? Sony ou vous ?

C’est moi qui suis allé les voir. J’ai de bonnes relations avec Sony France depuis longtemps. Quand j’ai eu le projet de ce film, j’ai tout de suite voulu le faire en numérique. Ils m’ont dit qu’il y avait déjà le projet de Lucas, mais qu’ils allaient voir ce qu’ils pouvaient faire pour moi. Aux premières dates de tournage prévues à l’époque, en février, la caméra n’était pas prête. Pour de multiples raisons, on a décalé le tournage et j’ai foncé sur l’occasion pour relancer ma demande. Mais depuis le départ, j’étais parti pour faire un film en numérique. Le premier ou le dernier de ma carrière, je ne savais pas. C’est le premier, tant mieux !

Vous aviez déjà fait de la réalisation, puis des effets spéciaux, pour finalement vous lancer dans la réalisation d’un long métrage...

Quand j’étais plus jeune, j’avais envie d’être réalisateur. J’avais croisé un garçon qui me disait que la filière pour y arriver passait par le montage. Il était monteur à l’époque et il m’a pris comme stagiaire. Ce qui est rigolo, c’est qu’on montait les premiers vrais films hards, c’était il y a plus de 20 ans. J’ai démarré comme ça. J’ai ensuite évolué au feeling, je n’ai jamais eu de plan de carrière à long terme. Je voulais toujours devenir réalisateur de longs métrages, mais comme je n’ai pas eu l’opportunité, je suis devenu réalisateur de films institutionnels. J’ai appris plein de trucs mais ça ne m’excitait pas trop. J’ai eu la possibilité de faire des trucages alors qu’au début ça ne m’intéressait pas trop. À l’époque je ne savais même pas programmer un VHS ! Mais les rencontres que j’ai faites m’ont convaincu de partir dans ce trip-là. J’ai travaillé dans le monde des trucages et de la pub, où j’ai eu la chance de rencontrer des tas de gens importants. Pour Alien, je suis parti un an aux ...tats-Unis avec Jean-Pierre Jeunet, qui m’a confié une double casquette : les effets spéciaux et la mise en scène de la seconde équipe. Alien a vraiment été un baptême du feu : j’étais là-bas le Frenchy de service. C’était impressionnant, avec des désillusions et de des bonnes surprises aussi. Après ça, je me suis senti capable de faire un film. J’avais déjà réalisé des conneries avant, mais je ne me considérais pas comme suffisamment mature pour faire un long métrage.

Quel genre de réalisateur êtes-vous ?

C’est le genres de choses qu’il faut demander aux acteurs. Tous les réalisateurs sont des cas à part, même s’il y a des familles... Très honnêtement, je ne sais pas. Sur le plateau, je ne suis plus le spécialiste des effets spéciaux, j’essaye d’avoir un œil le plus large possible. La seule chose que je sais, c’est que c’est un merdier énorme, un gros bousin, et que je m’efforce de me battre sur tous les fronts, et que c’est une lutte sans cesse entre tes angoisses, la réalité d’un tournage, le temps qui court et le bonheur.

Les acteurs se sont intéressés à ce tournage très particulier en numérique HD ?

Le cadre est le même que d’habitude : ils n’étaient pas sur fond bleu avec des capteurs. Alors, même si certains se sont intéressés à la technique, il n’y a pas eu de changement. Ce n’est pas plus important que si on tournait avec une nouvelle Panavision. Sauf peut-être qu’une bobine 35 mm dure 4 ou 8 minutes, alors qu’une cartouche numérique fait 40 minutes.

Vous êtes devenu un vrai fan de technologie et de jeux vidéo ?

Le jeu vidéo me passionne, mais culturellement. J’ai tois enfants, ils sont tous tombés dans le PC quand ils étaient petits. Je ne suis pas joueur, mais j’adore regarder les gamins jouer. Depuis le temps où je ne savais pas programmer un VHS, ça a quand même évolué. J’ai des PC, un Psion et un Palm et je me suis installé ici une salle avec lecteur DVD et un super son.

Toute cette nouvelle technologie numérique est-elle une chance pour les cinéastes amateurs ?

J’ai plein d’envies, mais pas de projet dans l’immédiat. Je rêve de faire un film d’avions, c’est ma passion. Et j’ai aussi pris goût aux films en costumes avec Vidocq. Rien de précis, donc. Dans les prochains mois, il va falloir penser à mon avenir, mais pour le moment je suis encore trop chaud sur Vidocq : je redémarre un nouveau film en post-production, avec les rushes. Il y a le montage, les trucages, le son... J’ai encore deux ou trois coups de collier à donner et je ne préfère pas penser à ce que je vais faire dans six mois.

 
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