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1er/05/2001 • 23h59

Ted Nelson, l’hyperman

archmag14
Dans les années 60, il inventait le mot « hypertexte » et Xanadu, un programme culte précurseur du Web. Mais Ted Nelson n’est pas le père de la Toile, plutôt son oncle. Rêveur acharné, il se montre très critique sur le Net aujourd’hui.

« On considère souvent, à tort, le projet Xanadu comme une tentative de créer le World Wide Web. Mais ça a toujours été bien plus ambitieux que ça. » On peine à croire que l’auteur de ces propos un rien mégalos soit Ted Nelson, ce grand bonhomme timide au visage anguleux. Theodor Holm, « Ted », Nelson a été fait officier des Arts et des Lettres, par Catherine Tasca, en mars dernier. Il est venu chercher sa médaille en jean et baskets, un lourd trousseau de clés en bandoulière. Puis il s’est emparé du micro et, se balançant d’un pied sur l’autre, il a commencé à vitupérer contre le Web et les interfaces informatiques actuelles, devant un parterre médusé. Voici donc le vrai Ted Nelson, défricheur génial et foutraque, auteur d’essais cultes, inventeur du mot « hypertexte » en 1965 (théorisé 20 ans plus tôt par Vannevar Bush). Et créateur, à la fin des années 60, de Xanadu. Plus qu’un logiciel, Xanadu (lire encadré p. 58) est une manière de penser l’Internet. D’illustres personnages comme Steve Wozniak, créateur d’Apple, ou Marc Andreessen, inventeur de Netscape, revendiquent son influence. Nelson s’en flatte-t-il ? Même pas. Pour lui, ces deux-là « n’ont pas compris ce qu’il était possible de faire ».

Même s’il enseigne la conception logicielle à l’université de Keio (Japon), ce New-yorkais de 64 ans n’a rien d’un informaticien. C’est un penseur, diplômé en philosophie et sociologie, un poète, un artiste perdu au milieu des bidouilleurs. Ils le font d’ailleurs doucement rigoler, ces « gens derrière leur bécane », affairés dans leur code source : « Toutes leurs stupides interfaces sont en rectangle. Et lentes en plus ! Apprendre à faire des logiciels en s’appuyant sur l’informatique ? Ne me faites pas rire ! Il faut avoir le sens du rythme, comme un cinéaste. Dans mes cours, je montre le générique du Pinocchio : c’est comme ça qu’on apprend ! » Logique pour ce fils de deux stars de la télé dans les années 40, lui-même auteur d’un film jamais achevé.

Géométrie sotte

Pour Nelson, les deux maux qui grèvent l’informatique sont la feuille et la hiérarchie. Nous sommes tellement accoutumés à la simulation informatique d’un bureau « en dur », avec corbeille, feuilles, presse-papier, que nous n’imaginons même pas qu’il pourrait en être autrement. Nelson, lui, y voit une architecture réductrice, incohérente et idiote, qui fait de nos PC des machines à écrire améliorées. Et ce n’est pas du chipotage : « La rupture essentielle de Nelson, c’est de dire : “Je vais travailler à l’écran en oubliant la sortie papier”, explique Alain Giffard, traducteur de Ted Nelson et président de la mission interministérielle Accès public à Internet et grand connaisseur de l’hypertexte. Les feuilles qu’on voit sur nos écrans n’existent pas, ce sont de simples lignes de codes. Avec Nelson, l’ordinateur devient un média à part entière. » Comme les visionnaires qui, au début du XXe siècle, ont compris que le cinéma n’était pas du théâtre filmé.

Quant à la hiérarchie, Nelson est formel : « Les informaticiens sont comme les catholiques ou les militaires : tout est hiérarchie pour eux ! » Il rejette le compartimentage entre les différentes icônes (le traitement de texte d’un côté, le mail de l’autre) et le rangement des fichiers et sous-fichiers façon poupées russes. Pour lui, cette sotte géométrie étrique l’esprit et réduit l’ergonomie des PC. Et l’Internet dans tout ça ? Il ne devrait faire qu’un avec les interfaces bureautiques. Voilà l’essence de son Xanadu : que l’internaute puisse surfer en griffonnant des notes dans les marges des sites, envoyer des mails en regardant un CD-Rom. Bref, que toutes les fonctionnalités soient synchronisées et commodes.

On comprend qu’il ait la dent dure contre le World Wide Web, « ridiculement simple », inventé par Tim Berners-Lee. À son encontre, Nelson a des paroles sans équivoque : « C’est un ami, mais il pense et travaille comme un physicien. Il n’y a pas de place pour la littérature dans son système. » Tim le scientifique contre Ted le philosophe : l’histoire de Nelson tient dans cette fracture. Mais voilà, le public et l’histoire ont, eux, choisi le Web. Et Nelson a dû mettre de l’eau dans son vin, renoncer à l’idée de remplacer le système. Son Xanadu, presque achevé, s’intègre désormais en plug-in au Web.

Proust en rondelles

Mais l’homme n’a pas baissé les bras. Trente années qu’il tente de promouvoir Xanadu. Et, curieuse monomanie, qu’il filme et enregistre tous ceux qu’il croise. Qu’il grave chaque jour de sa vie sur un peu de bande vidéo ou audio, sur des notes qu’il prend soudain, interrompant la conversation, le plus souvent sur des Post-it éparpillés autour de lui. Point d’égocentrisme là-dedans, juste une manière de fonctionner : son essai, Computer Lib (1974), est un fourre-tout de maximes, de statistiques, de conseils divers. Les chapitres de Literary Machines (1987) se lisent dans n’importe quel ordre (il y a sept « chapitre un » !). Car pour lui, nos idées ne se déroulent pas comme un texte. Elles s’articulent au contraire dans un tissage complexe de réseaux : on passe de l’une à l’autre, on en crée une troisième en les enchaînant, etc. Et Xanadu se veut une tentative de reproduire ce schéma. Il veut, dit-il, « représenter les interconnexions entre les idées et montrer comment elles partent dans tous les sens ». Périlleuse entreprise et vision fragmentaire de la pensée qui heurte les cartésiens que nous sommes. N’y a-t-il pas lieu de craindre les dérapages d’une pensée « zapping » ? Peut-on découper Proust ou Balzac en rondelles ? Pour Alain Giffard, la « révolution » est en marche : « On commence à voir cette écriture en œuvre dans les forums de discussions où l’on rebondit sur ce que disent les autres, on cite des textes préexistants, etc. Si l’on réfléchit à l’avenir de l’édition sur le Web, dans cinq ou dix ans, Nelson aura forcément raison. » Ignoré dans son pays, Nelson aime la France. Qui le lui rend bien : un poste d’enseignant à l’université Paris VIII pourrait bien lui échoir. On chuchote qu’il pourrait tester son système sur les bases de données du Louvre et de la Bibliothèque François-Mitterrand. France, terre de Xanadu...

 
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