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Le mardi 20 mars 2001.
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Tel un vandale maquillé en agent secret, le nouveau virus Magistr se révèle aussi méchant que difficile à détecter. Encore rare, il annonce une nouvelle génération de saletés qui donnent du fil à retordre aux éditeurs d’antivirus.
Le parfait espion Les techniques qu’utilise "Magistr" pour se répandre sont qualifiées de "polymorphes". Ce qui le rend quasi invisible. Par exemple, les "sujets" et contenus des mails qu’il envoie sont des phrases tirées de vos propres fichiers. De plus, il utilise son propre moteur SMTP (protocole utilisé pour envoyer les mails), ce qui lui permet de falsifier l’identité de l’expéditeur du message et donc de rendre sa trace plus difficile à suivre. Véritable caméléon, il est constitué d’un code exécutable qui peut prendre de multiples apparences, et dont une partie est cryptée ! Ultime gâterie, ce joyeux drille envoie, dans 20 % des cas, un fichier ".doc" en attachement (issu d’un traitement de texte) tiré au hasard dans votre disque dur. D’où un risque majeur pour la confidentialité interne. Imaginez une note classée "top secret" qui part chez un concurrent direct ! Le pire est à venir Du côté des éditeurs d’antivirus, on se dit déjà prêt à riposter. Les parades de détection et de décontamination élaborées semblent avoir bloqué la première vague d’infection. Damase Tricart, chez de produit chez Symantec France, confie : "Magistr n’est heureusement pas très répandu, même s’il représente un bel exemple des virus réalisés par des programmeurs de haut niveau [par opposition aux vers VBS comme ILOVEYOU, plutôt simples à écrire], dont le nombre a explosé en 2000." Magistr serait même déjà supplanté, sur certains points, par des virus qualifiés de "métamorphiques", capables, selon Damase Tricart, de "se recompiler avec l’exécutable qu’ils infectent : le programme en question continue de fonctionner normalement alors qu’il est porteur de la souche. Ce type de procédé nous pousse à repenser nos techniques de détection, qui se révèlent plus longues à mettre en place : cela peut aller jusqu’à plusieurs heures pour les plus complexes". La lutte entre programmeurs de virus et éditeurs d’antivirus n’est manifestement pas finie. En attendant, et malgré l’arrivée du printemps, mieux vaut rester couvert... Description technique par les premiers auteurs de l’alerte (en anglais):
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