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1er/08/2001 • 19h00

Le Louvre et sa pointeuse high-tech

archmag16
Depuis 1997, quelques centaines d’employés du musée du Louvre pointent, chaque jour, en posant leur main sur une machine biométrique qui reconnaît leur empreinte.

Je suis accrochée au mur du musée du Louvre, à Paris, mais le public qui se presse pour admirer La Joconde ignore tout de mon existence. Il est vrai que je tiens plus de la curiosité technologique que de l’œuvre d’art. Installée au premier sous-sol, j’existe en trois exemplaires. Qui suis-je ? Réponse : une pointeuse de la plus grande modernité. Un cerbère biométrique qui examine et authentifie la forme de la main droite de quelque 400 employés. Depuis 1997, qu’ils soient livreurs, mécaniciens, agents de nettoyage ou de maintenance, tous les salariés des entreprises sous-traitantes du musée se plient au rituel quotidien. Sans (presque) broncher.

Plus fiable que le badge

Chaque matin, sous la grande pyramide de verre, après avoir poussé la porte d’une petite entrée privée dissimulée dans un recoin, ces petites mains de l’art et de la culture prennent la direction de l’Oratoire. Une volée de marches plus bas, dans cet espace aux murs jaunis par la lumière blafarde des néons, la cérémonie commence. Pianotage d’un code d’identification à quatre chiffres sur l’une des trois bécanes, pose de la main sur le lecteur numérique. Quelques secondes d’attente. « Pointage d’entrée OK », affiche, en lettres rouges, l’écran de l’engin, dès qu’il reconnaît la forme de la paume présentée. Direction le vestiaire pour endosser une tenue de travail avant de remonter à la surface. Le soir, les mêmes salariés devront s’engouffrer à nouveau dans le ventre du Louvre pour répéter la manœuvre.

Et pourquoi tout ça ? Sécuriser l’accès aux trésors muséographiques ? Non, tout simplement contrôler la durée effective du travail des employés extérieurs. Un marché de 20 millions annuels sur lequel tout dérapage budgétaire pèse lourd. « Ces sociétés, Abilis, Forclum, SpieTrindel, etc., sont spécialisées dans le nettoyage, la maintenance des installations électriques, des escalators, les télécommunications », précise Jean-Jacques Puybareau, le responsable de la division technique (téléphonie, réseau informatique) du Louvre. La décision du Louvre a quelque peu surpris les salariés concernés. « Quand on nous a annoncé qu’on devrait pointer sur cette machine, on n’a pas bien compris pourquoi : on signait déjà un cahier de présence dans le local de notre entreprise, installé au Louvre », témoigne Marie-Louise, agent de nettoyage depuis huit ans chez Abilis. « Après une réunion d’information, on a compris que le Louvre utilisait la machine pour surveiller les entreprises prestataires, pas nous. » Associé à un logiciel standard de gestion du temps, le système, qui a coûté 60 000 francs, comptabilise les entrées et sorties et calcule les plannings à la minute près. Dans la course à la rentabilité, le choix d’un moyen de reconnaissance biométrique n’est pas le fruit du hasard. « Je voulais personnaliser le système et la biométrie était un moyen sûr, rapide et sans contrainte pour nous », explique Jean-Jacques Puybareau. Le recours à cette technologie, bien plus fiable que les badges, trop facilement échangeables, supprime tout doute sur l’identité. Lors de son installation, début 1997, la reconnaissance s’effectuait d’ailleurs par empreinte du doigt, avant d’être corrigée, en avril 1999, pour ne prendre en compte que le contour de la main. L’explication est des plus terre-à-terre : « Nous nous sommes rendu compte que certaines empreintes étaient difficilement lisibles à cause des produits abrasifs manipulés par les employés. Nous avons donc décidé de modifier le procédé », rappelle Jean-Jacques Puybareau. Pour les 400 employés concernés, il a fallu, de nouveau, se faire enregistrer dans la base informatique.

Pour exploiter sa machine à reconnaître les mains, le Louvre a dû obtenir la bénédiction de la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés). Compétente dès qu’il est question de la constitution de fichiers informatiques, la commission a refusé, en novembre 2000, la mise en place d’un système de pointage par empreinte digitale à la préfecture de l’Hérault. Prévu, lui aussi, aux seules fins de contrôler les horaires des employés, le dispositif a été jugé « disproportionné au regard de la finalité poursuivie ». Même coup de semonce, en mars 2000, pour le collège Jean Rostand de Nice qui projetait de filtrer l’accès des élèves à la cantine par le même moyen. Le Louvre, lui, est passé entre les mailles du filet. « Le code d’accès et l’empreinte renvoient juste au nom de la personne comme une ‘‘ badgeuse ’’ ordinaire », justifie le directeur technique. Reste que les autorisations d’exploitation successivement délivrées par la CNIL (la dernière date de l’année 2000) ne sont que provisoires.

Les salariés ont gardé des souvenirs assez ardents de l’arrivée de la pointeuse high-tech. Pour désamorcer craintes et critiques des personnels, le directeur technique avait pourtant fait les choses dans les règles : « Plusieurs réunions pour expliquer pourquoi on installait la pointeuse et une formation pratique sur la machine », dit Jean-Jacques Puybareau. Des civilités qui n’empêcheront pas les salariés de s’interroger sur la question de la biométrie. « Pointer d’accord, mais pourquoi avec nos empreintes digitales ? », s’étonnent encore certains d’entre eux. « Pourquoi nous, alors que le reste des employés du Louvre ne pointait pas ? Les gens ont eu l’impression qu’on les prenait pour des voleurs », se souvient Marie-Louise.

Touches arrachées

Interrogations légitimes dans une société où le relevé des empreintes digitales renvoie à l’identification des suspects. « Les empreintes digitales ont évidemment une forte connotation policière, confirme un responsable de la CNIL. Toute la question est de savoir si on veut que leur utilisation soit banalisée. Je ne pense pas que cela soit souhaitable. » Au Louvre, les reproches timides des salariés se sont vite taris. Même si, lors de l’installation de la machine, la direction s’est aperçue des dégradations que subissaient les appareils. Des touches arrachées un jour, le cadran rayé une autre fois, etc. Et qu’a fait la direction pour enrayer les dégâts ? Une enquête ? Un appel au civisme ? Eh non : elle a tout bonnement fait installer une caméra de surveillance, reliée à l’un des PC de contrôle du Louvre et braquée, en permanence sur la pointeuse...

 
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