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4/07/2001 • 18h15

"Tout cela est très excitant" [Kalle Lasn]

Kalle Lasn est le fondateur d’Adbusters, un réseau d’activistes, artistes et communicants spécialisé dans le détournement des discours des grands groupes. Il est l’auteur de Culture Jam, the Uncooling of America.

Expliquez-nous le design du drapeau que vous utilisez comme symbole de la Journée d’indépendance de la tyrannie des entreprises...
De prime abord, on a l’impression de voir le drapeau des Etats-Unis. En y regardant de plus près, on découvre que les étoiles qui représentent normalement les Etats ont été remplacées par des logos de grandes multinationales : Apple, Nike, Camel, IBM, Coca-Cola, Warner, Playboy, Shell, Compaq... Cela symbolise l’appropriation de notre environnement par les marques, et vise à faire réfléchir les gens sur le pouvoir des grands groupes. Ce drapeau a toujours connu un franc succès depuis sa création il y un an, mais nous ne savions pas comment l’exploiter à plus grande échelle. C’est maintenant chose faite.

Comment avez-vous organisé cette journée ? Quelle ampleur en attendez-vous ?
Nous avons envoyé 500 drapeaux aux personnes qui nous ont contactées pour qu’on les voie faire flotter le 4 juillet dans leur ville. Il y a une grande majorité d’Américains, mais il y a aussi des activistes d’Autriche, de Suisse, du Japon, de Pologne... Nous avons envoyé un appel à participation aux 40 000 abonnés de notre mailing list "Culture Jammers". Nous avons reçu plus de 1 000 candidatures et nous avons retenu les 500 plus sérieuses, suite à un petit échange d’e-mails pour tester les motivations de chacun. Les gens vont donc faire flotter le drapeau à leur balcon, le brandir dans les cérémonies officielles de la fête nationale américaine de l’Independance Day, ou l’accrocher à leur vélo et faire le tour de leur ville à vélo. Plusieurs ont l’intention de remplacer pendant la nuit le drapeau américain arboré par leur supermarché WalMart. Nous avons également loué un énorme espace publicitaire dans les rues de New York, à côté de Times Square. Un énorme drapeau y est affiché depuis une semaine avec le slogan : "Déclarez votre indépendance de la tyrannie des grands groupes". C’est génial à voir ! On a vu des réactions assez violentes et il paraît que des gens voulaient cacher notre affiche ou carrément la détruire. Nous voilà dans la position de l’annonceur qui doit se défendre contre les vandales subversifs... Tout cela est très excitant.

Y a-t-il d’autres actions, plus directes, prévues pour accompagner l’érection symbolique de vos drapeaux subversifs ?
Tout dépend des gens, qui sont libres de choisir leurs modes d’expression. L’idée est de subvertir les célébrations de la fête nationale américaine, mais cette journée n’est pas pensée comme une journée d’action directe. Pour l’avenir, nous préparons par exemple des actions "boules puantes" contre les magasins Nike, mais le 4 juillet a effectivement une vocation principalement symbolique. Notre drapeau doit représenter ce qui ne tourne pas rond dans les Etats-Unis d’aujourd’hui. Le problème est bien sûr mondial et nous préparons déjà des drapeaux détournés pour l’Australie et le Royaume-Uni.

Votre action s’inscrit aussi dans le mouvement anti-mondialisation, né à Seattle en 1999. Serez-vous présents à Gênes lors des manifestations contre le G8 les 20 et 21 juillet ?
Nous aurons un reporter sur place pour notre magazine, ainsi qu’un Italien membre de notre réseau d’activistes. Par contre, il ne nous est pas possible pour des raisons financières d’organiser d’actions de grande ampleur à une telle distance du Canada. À Seattle, nous avions été très présents, en diffusant des spots contre la pub sur CNN, sur de nombreuses radios ainsi que des affiches dans plusieurs villes. Il y a un mouvement de protestation mondiale depuis Seattle qui se réunit dans de grands messes. Pourtant, dans le combat contre la toute puissance des grands groupes, nous ne pouvons pas continuer à aller de sommet en sommet indéfiniment. Il est temps de ramener le débat à un niveau plus local. Nous pensons qu’il est aussi important d’agir au niveau national et le détournement d’une fête nationale va dans ce sens.

Pensez-vous qu’il y a une escalade de la tension entre partisans et adversaires de la mondialisation ?
L’OMC, le FMI, la Banque mondiale ou le G8 espèrent tous que le mouvement né à Seattle va s’essouffler. Je ne pense pas du tout que cela soit le cas. Pour la première fois depuis 20 ans, les jeunes ont de bonnes raisons de protester. Ils ont l’impression que les multinationales s’approprient tout, et exercent leur pression jusque dans les esprits. Ils utilisent pour cela le terme "mindfuck" ("pénétration mentale") qui, je crois, est assez juste. Il y a certainement une radicalisation progressive sensible dans les deux camps. Avec l’émergence du nouvel activisme, les grands de ce monde doivent se couper du monde ou se claquemurer comme lors de la tenue du Sommet des Amériques à Québec, en avril dernier. Bientôt, ils devront tenir leurs meetings dans des pays comme le Qatar ou l’Ouzbekistan, tellement ils ont peur des gens. Peut-être qu’un jour, plus aucune ville n’acceptera d’accueillir aucune grand-messe de la mondialisation.

La journée d’indépendance que vous organisez n’est-elle pas, comme la journée sans consommation Buy Nothing Day, une action symbolique qui ne laisse pas de réel impact dans les esprits ?
Le Buy Nothing Day est une manifestation très grand public dont le but est de faire réfléchir chacun sur ses habitudes de consommation et de surconsommation. D’après nos estimations et les rapports que nous avons reçus de nos 600 organisateurs, la dernière édition, tenue en décembre 2000, a séduit plus d’un million de personnes dans le monde. Ces gens ont détruit leur carte bleue ou manifesté dans les supermarchés de 52 pays. C’est déjà ça.

Comme dans le cas de vos détournements publicitaires célèbres, on peut se demander si votre drapeau et ses logos ne sont pas aussi une pub de rêve pour des marques prêtes à tout pour s’acheter une image cool et rebelle...
Tout dépend de la subversion que vous arrivez à engendrer. J’ai été interviewé dans de nombreuses émissions radio et à chaque fois, les auditeurs ont appelé en masse pour réagir à notre discours. On se retrouvait avec des débats extrêmement passionnés entre les partisans des marques, outrés que l’on puisse critiquer ce qui constitue la culture américaine et les autres, qui soutenaient notre action. Je crois que c’est exactement le but recherché. Débattre de la privatisation de la société par les marques est un bon départ. Le cynisme finira par se dissoudre.

Le site d’Adbusters:
http://www.Adbusters.org
 
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