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31/10/2000 • 13h02

Vote-auction est un acte pour la liberté d’expression

La controverse médiatique créée par Vote-auction est l’objet-même de cette entreprise artistique et politique. Interview croisée de Hans Bernhard et LizVlx qui dénoncent, de leur QG berlinois, la marchandisation de la démocratie.

Pourquoi avoir racheté Vote-auction ?


DR
Nous sommes un groupe de businessmen qui représente un groupe d’investisseurs. Nous sommes intéressés par les projets hautement dynamiques et risqués. Nous voyons dans Vote-auction un intérêt à long terme, surtout grâce à l’énorme attention médiatique que suscite le site. Nous escomptons un retour sur investissement d’ici 3 à 5 ans.

Pourquoi chercher à caricaturer le système électoral américain ?

Sur notre page d’accueil, il est écrit que nous voulons "rapprocher le capitalisme et la démocratie". En permettant aux individus de toucher de l’argent pour leur vote, nous voulons montrer que ce genre de système est déjà en place au niveau des entreprises. La transparence est un mot-clef de notre projet. Si les sociétés comme les ...tats-Unis ne changent pas radicalement, on en arrivera de toute façon aux enchères de votes dans quelques années. Grâce à Vote-auction, il y a eu des discussions et des débats dans le monde entier : ...tats-Unis, France, Japon, Autriche, Allemagne, etc.

Que pensez-vous du système électoral américain ?

Personnellement, je pense que la situation des ...tats-Unis est très perverse. Il y a des centaines de millions de dollars injectés directement par les entreprises dans la vie politique et, selon le vieil adage, celui qui paye gouverne. On ne peut pas revenir en arrière, alors, plutôt que de se faire abrutir par des spots de campagne diffusant 1000 fois par jour le même blah-blah, autant que les électeurs aient quelques dollars dans leur poche.

Quel genre de réactions recevez-vous des internautes ?

Nous avons des tonnes d’e-mails. Nous en avons reçu de vétérans du Vietnam et d’imbéciles fascistes. Vous voyez, les Américains sont si arrogants, c’est pour cela que nous les emmerdons au maximum. Sinon, nous avons eu beaucoup de soutien, de gens qui pensaient également qu’il est important d’être radical si on veut changer tout ça.

Comment allez-vous techniquement mener les enchères ?

Nous sommes en train de mettre à jour les logiciels de la plate-forme. Nous avons nettoyé la base de données de tous les doublons et erreurs. Le basculement sera fait le 31 octobre. Tout sera alors automatisé pour la phase de pré-enchères. Nous avons abandonné le système pensé par Baumgartner, à qui nous avons acheté le site. Nous ne nous ferons pas envoyer les procurations de vote en Allemagne pour les vérifier et ensuite les renvoyer aux acheteurs aux ...tats-Unis. Tout reposera sur la confiance, sur la promesse de voter pour untel contre celle de recevoir tant de dollars. Acheteur et vendeur devront prendre contact, par exemple par e-mail, et régler les détails du deal et le moyen de paiement. Bien sûr, plus vous donnez d’argent, plus vous pouvez attendre de loyauté de la part du votant. C’est que nous avons appris en observant l’industrie électorale... (rires).

Il n’y a donc pas de certitude, ni pour l’acheteur, ni pour le vendeur...

Les vendeurs peuvent recevoir l’argent avant le vote. Les acheteurs auront eux accès à des statistiques sur les votants : chaque vendeur remplit un questionnaire de données démographiques et renseigne sur son état, sa profession, son âge, ses revenus, etc. Ces données sont croisées avec les études américaines sur le degré de confiance suivant les critères socio-professionnels. En gros, l’indice de loyauté d’un fonctionnaire de New York qui gagne bien sa vie sera plus grand que celui d’un étudiant californien et pauvre. De toute façon, dans les campagnes de pub politique, tous les téléspectateurs ne vont pas voter ce qu’on leur suggère. Si 10% le font, c’est déjà bien. Avec notre système, la certitude est plutôt de l’ordre de 90%.

Quel genre d’acheteurs avez-vous ?

Il y a plus d’individus que d’entreprises, ce qui est plutôt une bonne chose à nos yeux. Il y a moins d’acheteurs dans les ...tats isolés comme le Missouri ou le Nord. La plus grosse offre pour tous les votes d’un ...tat est de 120 000 dollars, ce qui correspond à environ 1000 dollars par vendeur. Ces derniers peuvent espérer en moyenne entre 100 et 500 dollars pour leur voix, mais ce chiffre est en augmentation. En tout cas, nous ne manquons pas d’acheteurs.

Dans le cadre des procès dont vous faites l’objet, des ...tats américains ont menacé de s’attaquer aux citoyens qui vendraient leur vote sur Vote-auction. Quelle protection offrez-vous à ces derniers ?

Si ces autorités voulaient obtenir des infos personnelles sur les acheteurs, nous ne pourrions même pas leur donner. Données démographiques et informations personnelles sont stockées séparément et ces dernières sont cryptées. De plus, nous n’avons pas l’intention de livrer la moindre donnée et nos hébergeurs nous soutiennent à 100%.

Votre site a-t-il fait l’objet d’attaques autres que judiciaires ?

Oui, nous avons été victimes d’un piratage il y a trois semaines. Mais c’était du hacking intelligent, non destructeur. Notre responsable sécurité travaillait sur son ordinateur au moment où le pirate s’est caché dans notre système et est entré en contact avec lui. Il a simplement dit "salut, comment ça va ?" et est reparti. Nous avons simplement dû tout réinstaller sur nos serveurs. Nous pensons également avoir été hackés par le FBI. Nous n’en sommes pas sûrs puisqu’ils sont très forts, mais cela nous était déjà arrivé avec Etoy. Et Vote-auction est exactement le type de site qui les intéresse.

Quel est votre lien avec le collectif international d’artistes Etoy ?

J’ai fondé Etoy en 1993-94 avec 6 autres personnes. J’en suis toujours actionnaire. Les membres d’Etoy ont un peu bifurqué il y a deux ans. Certains voulaient rester dans une démarche artistique et continuer à vendre des parts sociales à toutes sortes d’acteurs du marché de l’art. Avec Liz, nous avons voulu aller vers une approche encore plus business. Nous avons créé avec trois autres personnes une holding basée à Vienne, dont Voteauction et notre société de conseil Ubermorgen font partie. Mais depuis un an, j’ai recommencé à être un "agent etoy" en menant quelques conférences, notamment en Afrique du Sud et en Bulgarie.

Quel est le rapport entre Voteauction et Etoy ?

Nous voyons dans Voteauction une continuation de nos travaux au sein d’Etoy. Tout cela est basé sur l’intuition que l’approche business est un bon moyen de faire changer les choses. Au début de l’Internet, nous nous sommes rendu compte que le Réseau permettait à chacun de se présenter comme une entreprise ou un grand groupe, puisque les sites étaient tous logés à la même enseigne : pas d’image, technologie pauvre, fond gris... La différence, aujourd’hui, c’est que nous ne faisons plus semblant, nous sommes devenus de vraies entreprises.

Avez-vous reçu des soutiens publics aux ...tats-Unis ?

Oui, de la part de l’Electronic Frontier Foundation [la plus grosse association américaine de défense des libertés individuelles sur Internet, NDLR]. Nous sommes en contact par téléphone. Ils nous donnent des conseils, surtout dans le domaine légal. Ils considèrent que Vote-auction est un acte pour la liberté d’expression.

Quel est le dénouement rêvé pour le projet Voteauction ?

D’abord, que les enchères aient réellement lieu comme prévu la veille des élections. Pour cela, nous cherchons actuellement une solution qui soit techniquement efficace et légalement inattaquable. Parallèlement, nous voulons lancer le même jour une série d’événements en ligne, qui se sert du principe des sondages. Nous voulons mener et publier des sondages politiques en ligne dans tous les pays du monde. Ce sera très international, parce que les élections américaines affectent le monde entier. Regardés par tout le monde, ils peuvent potentiellement influencer le vote. C’est là encore une critique du processus électoral américain qui laisse les sondages affecter le cours du scrutin.

Quel genre de sondages comptez-vous réaliser ?

Nous allons nous inspirer de tous ces questionnaires habituels aux ...tats-Unis : on vous pose une série de questions du type : "Voulez-vous que les ...tats-Unis dépensent plus ou moins d’argent en Serbie ?". À la fin, on vous dit pour quel candidat vous devriez voter. Il y aura aussi d’autres sondages, plus classiques. Aux ...tats-Unis, cela va tellement loin qu’on parle de "sondages humoristiques" ("fun polls") pour des questions comme : "Qui va remporter le scrutin dans le Michigan ?" En fait, c’est un système de paris qui est tout sauf "fun". Les sondages seront en ligne à partir du 31 octobre.

Cela ne va pas arranger la polémique...

Ouais... Nous sommes spécialisés là-dedans. C’est ce que nous faisons dans la vie.

La vidéo du show CNN "Burden of proof"
http://www.cnn.com/video/burden/200...
 
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