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25/02/2001 • 09h30

Vingt millions de Japonais à l’i-mode

Takeshi Natsuno est spécialiste de l’i-mode chez NTT DoCoMo, l’opérateur historique au Japon, et le créateur de cette norme d’Internet mobile. Transfert l’a rencontré au salon 3GSM à Cannes, qui s’est terminé vendredi 23 février. Signe des temps : nombre de congressistes arboraient le sac de toile DoCoMo. Notre interlocuteur, lui, n’a pas mis sa fierté dans sa poche.

L’i-mode est un succès au Japon. Quelques chiffres ?


Solveig Godeluck
Nous avons 19,5 millions d’utilisateurs actifs. Je ne parle pas de ceux dont le téléphone est prévu pour l’i-mode, mais de ceux qui signent un abonnement i-mode, et qui paient chaque fin de mois. Le nombre d’abonnés augmente de 1,5 millions par mois, soit 50 000 par jour. Mais nous avons un problème : la population du Japon ne compte que 120 millions d’habitants. Cela limite notre développement.

Vous semblez vous-même surpris par ce succès de l’i-mode...

Vous savez, ça n’existe que depuis deux ans ! Nous avons lancé le service très exactement le 22 février 1999. Depuis, l’i-mode a changé le style de vie des Japonais. C’est pour cela que je suis moi-même surpris. D’autant plus que, dans le business d’Internet, personne ne peut prévoir les chiffres du marché, parce que c’est un marché nouveau. Nous avons sous-estimé le succès de l’i-mode, l’Europe a surestimé le succès du WAP.

Comment expliquez-vous le succès de l’i-mode ?

Nous avons travaillé en nous adaptant à la culture internet. Et cela de trois façons. Premièrement, la norme que nous avons choisi pour le i-mode est celle du Web, le HTML...

Ce n’est pas le C-HTML, c’est-à-dire un HTML condensé ?

Il n’y a pas de différence entre le C-HTML et le HTML. C’est de l’anglais de jardin d’enfant ! Alors que le WML, (la norme du WAP - NDLR) est au contraire très différent. Deuxièmement, nous avons choisi un modèle économique win-win, où tout le monde est gagnant. Les constructeurs, qui écoulent de nombreux combinés pour le i-mode, nous l’opérateur, qui augmentons notre trafic grâce à de nombreux services, et les fournisseurs de contenus, qui sont présents gratuitement sur notre portail. Nous leur offrons aussi des services tels qu’un système de facturation pour la consommation de contenus et services en ligne. Troisièmement, notre succès tient à notre marketing et à la conception de nos produits. Les téléphones cellulaires sont attractifs, parce que nous n’essayons pas de coller à la technologie. Nous sommes heureux d’avoir un contenu, et nous le montrons, par des produits mignons, jolis. Regardez-moi ça [il exhibe un téléphone Nokia, gris et dépouillé, après avoir manipulé trois téléphones i-mode rose, vert ou bleu métallisé]. Appartiennent-ils vraiment à la même ère ?

Vous avez ajouté des fonctionnalités Java au téléphone i-mode. Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ?


Solveig Godeluck
Depuis le 26 janvier, notre navigateur HTML est compatible Java. Cela permet à l’utilisateur de télécharger des logiciels. Alors qu’avant, il fallait embarquer toutes les applications dès la fabrication du combiné. Un exemple de ce qu’on peut désormais faire au Japon : on télécharge sur son i-mode une application karaoke. Ensuite, on choisit les titres parmi un catalogue musical en ligne. Les paroles apparaissent sur votre écran pendant que la chanson passe.

Vous dites que votre modèle économique est gagnant-gagnant, mais est-ce que cette innovation n’accroît pas votre pouvoir au détriment de celui des constructeurs ? Au lieu de changer de combiné, on va juste télécharger une nouvelle application sur le Net...

C’est faux. Les progrès dans la conception des combinés cellulaires sont encore plus rapides que le développement des applications Java embarquées. Sauf avec les téléphones GSM ! (il rit, insistant sur les difficultés des constructeurs européens et américains pour sortir en temps et en heure des terminaux compatibles WAP, puis GPRS)

Oui, mais vous allez renforcer votre lien direct avec le client au détriment du constructeur...

Nous avions déjà une relation très directe avec les clients, parce qu’ils nous procurent 100 % de nos revenus. Alors que les constructeurs ne dépendent qu’en partie des consommateurs finaux.

Quelles sont les applications qui marchent le mieux sur l’i-mode ?

Vous, les Européens, vous cherchez toujours une killer-application. Mais nous pensons que le contenu du portefeuille de services est plus important qu’une killer-application. Il y a de nombreux services qui marchent bien. Et ils marchent parce qu’ils sont ensemble. Si nous avions seulement des jeux et des choses amusantes, nous n’aurions pas autant d’abonnés. Bien sûr, nous avons Hello Kitty, les Pokémon, Disney dont les cartoons marchent de mieux en mieux, mais il y a aussi les cours de Bourse, CNN, du commerce électronique de livres... En fait, n’importe qui peut vendre en ligne sur l’i-mode. Il n’y a pas besoin de refaire des pages en WML. Il y a donc des sites de toute nationalité.

Vous avez réussi le lancement de l’i-mode là où le WAP a échoué. Vous lancez votre service de troisième génération, le FOMA, en mai, alors que nous n’avons pas encore attribué les licences en France. Comment analysez-vous le retard européen ?

Ce qui manque en Europe, ce sont, d’une part, des combinés attrayants et, d’autre part, des modèles économiques attrayants. Citez-moi un fournisseur de contenus européen qui gagne d’argent sur le WAP : il n’y en a pas. Parce que les opérateurs leur demandent une commission de 50 % uniquement pour que leur nom figure sur leur portail WAP ! NTT DoCoMo ne prend jamais de commission pour cela. Pour d’autres motifs, d’accord. Mais nous sommes contents d’avoir un maximum de services à proposer à nos utilisateurs, c’est pourquoi nous n’allons pas taxer les fournisseurs.

On taxe les fournisseurs de contenus partout ailleurs qu’au Japon ? Aux ...tats-Unis aussi ?

Nous n’allons pas nous comparer aux ...tats-Unis, parce qu’ils sont franchement trop loin derrière. Mais je vais vous expliquer pourquoi on ne peut pas décemment prendre des commissions de ce type. Admettons qu’un opérateur décide de prendre 5 % sur chaque vente de billets d’avion effectuée grâce à son service Internet mobile, en plus du pourcentage pris par la compagnie de carte bleue. Or, sur le PC, personne ne prend de commissions. Dès le lendemain, la compagnie de réservations de tickets en ligne annoncera qu’il y a un discount pour les achats via un micro-ordinateur. Ce n’est donc pas une relation win-win, parce qu’on comparera toujours notre terminal avec le PC.

Selon votre expérience, en définitive, pourquoi le WAP a-t-il fait un bide ?

D’abord, je suis membre du WAP Forum. NTT DoCoMo est membre du conseil d’administration du WAP Forum. Ensuite, ce n’est pas à nous de communiquer sur le WAP en Europe. Ce qui a visiblement manqué au WAP pour se développer, c’est une technologie, un modèle économique, des terminaux appropriés. Pour se disculper, les Européens disent que le succès explosif de l’i-mode tient au fait que les Japonais ont une culture différente, ou bien que NTT DoCoMo domine l’économie nationale. Soyons objectifs. Dans une économie globale, on doit penser global. Les Pokémon, c’est mondialement connu. Le HTML, c’est mondial. Répondre à la demande des consommateurs est la principale mission des opérateurs sans fil.

Vous avez annoncé au début de l’année des partenariats avec le hollandais KPN et l’italien Telecom Italia Mobile. Vous allez lancer l’i-mode en Europe ?

Nous allons apporter notre savoir-faire en business (notre business modèle win-win) et un peu en technologie (les browsers HTML). Parce que le modèle win-win est facile à expliquer, mais très difficile à mettre en œuvre. Beaucoup d’opérateurs en Europe ne peuvent même pas comprendre ce que cela signifie. Ils restent attachés à leur modèle économique des commissions.

BT Cellnet et un entrepreneur autrichien ont déjà déposé la marque i-mode en Europe. Que comptez-vous faire ?

Nous n’avons pas de protocole maison. Nous utilisons l’HTML et HTTP, qui sont des standards publiés par le consortium du World Wide Web. Tout le monde a donc le droit de nous imiter, sans même nous consulter. De même, les opérateurs européens avec lesquels nous travaillons peuvent utiliser le nom commercial qui leur chante. L’i-mode, ce n’est qu’un nom, ce n’est rien.

Comment allez-vous faire pour implanter l’i-mode alors que vos téléphones, ici à Cannes, ne fonctionnent pas sur nos réseaux ?

Inutile de déployer un réseau, puisque nous utilisons un standard internet. Quant aux terminaux, nous sommes en négociations avec des constructeurs pour faire fabriquer des téléphones avec deux navigateurs, HTML et WAP. Pour l’instant, il n’y a pas de constructeurs européens. Il y en aura peut-être. Mais je ne peux pas vous citer le nom de ceux avec lesquels nous discutons.

Allez-vous devoir déployer votre propre infrastructure ?

Les réseaux sont différents. Il y a plusieurs bearers : en Europe vous avez le GSM ; nous avons le PDC (Personal Digital Cellular) ; les ...tats-Unis ont le CDMA, le TDMA, et un peu de GSM. Quand vous allez aux ...tats-Unis avec votre téléphone GSM, il ne fonctionne pas. Nous n’aurons pas à changer les réseaux pour autant. En fait, le i-mode est indépendant du bearer. Il se situe sur une couche applicative totalement séparée des applications voix. Et il ne peut fonctionner qu’avec une technologie qui s’appelle chez nous le PDC-P, et chez vous le GPRS. Bientôt, il tournera sur le W-CDMA chez nous, sur l’UMTS chez vous. Nous voulons développer le i-mode à la fois sur le circuit commuté mondial et sur la seconde génération de réseau. Parce que nous nous moquons du bearer. Nous sommes sur la couche applicative.

On entend pourtant parfois dire que NTT DoCoMo ne pourra pas s’implanter en Europe parce que les normes de troisième génération diffèrent...

Qui vous a dit ça ? Les types de Nokia, je parie. C’est n’importe quoi. Au début, les réseaux ne communiquent jamais, et puis ensuite on les rend "inter-opérables". Il y a quelques années encore, vous ne pouviez pas utiliser votre téléphone GSM en Italie. La seule chose, c’est que nous avons besoin des spécifications de vos réseaux pour mettre en place notre solution 3G. Au Japon, nos spécifications sont déjà publiques, alors que vous n’avez encore rien fait !

Mais quand vous viendrez en Europe, sur quels réseaux allez-vous pouvoir vous implanter ?

Sur le GPRS. En Hollande, où il y a déjà du GPRS, et en Allemagne, où notre partenaire KPN est implanté. Puis en Italie, notamment, ou Telecom Italia Mobile est en train de mettre en place le GPRS. Mais nous ne visons pas la France, parce que nous n’avons pas d’alliances sur place. Nous n’avons pas non plus de projets dans les pays scandinaves, parce que le marché est très étroit.

Quelle sera la date du lancement de l’i-mode en Europe ?

L’année 2001.

Vous ne pouvez pas être plus précis ?

Non. Vous savez, dans notre monde, quand on annonce une date, il faut en être sûr à 95 %. Par exemple, quand nous avons annoncé le FOMA pour mai, nous en étions sûrs à 95 %. C’est notre philosophie du business. Et le lancement signifie pour nous commercialisation : pas seulement mettre la dernière main à un réseau.

 
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