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1er/11/2000 • 16h22

Une start-up standard, avec des pizzas partout

Diplômé de science politique, Jim McCoy s’est rendu riche et célèbre en montant le service d’e-mails gratuits de Yahoo ! Il a quitté le géant en mai 2000 pour lancer Mojonation, un système qui permet aux internautes d’ échanger tous types de fichiers grâce à une monnaie électronique anonyme. Le Napster de la monnaie virtuelle ?

Comment avez-vous eu l’idée de Mojonation ?

Cela faisait longtemps que je faisais partie de la communauté des cypherpunks [adeptes de la cryptographie et défenseurs des libertés individuelles sur le Réseau, NDLR]. J’avais créé la section locale de Austin (Texas). Comme tous les autres, j’ai rêvé de cash anonyme et beaucoup attendu de DigiCash (lire l’interview de David Chaum). Ça ne s’est jamais fait [DigiCash a déposé le bilan en 1998, NDLR]. J’ai alors pensé à une monnaie électronique fondée sur un système de troc, ce qui rendrait les choses beaucoup plus faciles.

Où en est la société Mojonation aujourd’hui ?

Nous avons dix employés, principalement des programmateurs. Nous travaillons comme des fous dans une petite maison que je prête à la société, en Californie. C’est une start-up standard, avec des pizzas partout...

Qui finance ?

J’ai assuré le premier tour, en mettant un million de dollars de ma poche, sur les quatre ou cinq que je possède. Nous sommes en train de boucler un deuxième tour de table qui, nous l’espérons, s’élèvera à six millions de dollars. Les investisseurs sont différents capital-risqueurs californiens.

Dans quelle mesure les utilisateurs de Mojonation sont-ils anonymes ?

Chaque utilisateur est identifié par une clé publique de cryptographie, et non par son nom. Toutes les données sont cryptées, à tous les niveaux. Les clés que nous utilisons sont plus fortes que sur les autres logiciels d’échange de fichiers comme Napster. Votre vie privée est donc protégée, puisque vous menez toutes vos activités avec un compte identifié par un chiffre.

Comment et quand les mojos seront-ils convertibles ?

Comme certains utilisateurs vont contribuer plus au système qu’ils n’en profiteront, ils accumuleront des tas de pièces. D’autres, au contraire, manqueront de mojos. Il fallait donc un système d’échange entre utilisateurs, qui permette d’acheter et de vendre aux enchères les surplus de mojos. Les échanges se feront sur une partie à part du site. Nous ne prendrons de commission que sur ces échanges. Inférieure à 2 %, elle sera donc moins élevée que celle prélevée sur les transaction par cartes bancaires. On pourra payer avec Paypal [envoi d’argent électronique par e-mail, NDLR] ou par carte bancaire classique. Les échanges de mojos ne seront pas anonymes, l’utilisateur devra révéler son identité à chaque fois qu’il fait rentrer ou sortir des mojos du système. Par contre, personne ne pourra savoir d’où viennent ces mojos, ou en échange de quelle marchandise ils ont été obtenus. Les mojos seront convertibles avec toutes les monnaies électroniques courant novembre, si tout se passe bien. Il nous faut encore régler certains détails pour le paiement en ligne par carte bancaire.

Le cours des mojos sera donc fixé sur un marché...

Oui, le prix est fixé par les deux parties, comme sur un marché. Le cours du mojo variera en fonction de l’offre et de la demande. Nous avons calculé que tant que le cours restera supérieur à cinq dix millionièmes de cent [environ 0,7 dix millionièmes de centime, NDLR], nous serons bénéficiaires. Au début, nous pensons qu’il se placera autour d’un dix millième de cent, soit 200 fois plus. Jusqu’à présent, nous avons émis environ 10 milliards de mojos, qui sont garantis par 100 000 dollars.

Comment gagne-t-on des mojos ?

Il faut d’abord mettre à disposition du système un peu de votre espace disque, par exemple un méga octet. Ensuite, y mettre des fichiers de votre choix. À chaque fois que ces fichiers sont téléchargés, vous gagnez des mojos. Il faut donc mettre des fichiers rares, par exemple un programme ou un texte que vous avez écrit, ou des fichiers très demandés.

Comme des images porno, par exemple ?

Aujourd’hui, les types de fichiers les plus demandés sont les MP3 et le porno. Mais je pense qu’à terme, ce sera la vidéo qui explosera.

Sur Mojonation, je peux échanger des données illégales en restant totalement anonyme...

Avec la cryptographie, chaque fichier est découpé en morceaux, crypté et éclaté sur des dizaines de serveurs. Il faut donc une sorte de "carte", qui permet au système de retrouver les morceaux et de les rassembler. Si vous mettez des fichiers sur votre disque dur et que vous les déclarez à notre moteur de recherche, pour que les autres utilisateurs puissent les trouver, nous savons qu’ils existent. Mais il est effectivement possible de mettre en ligne des fichiers "privés", sans les déclarer au moteur de recherche. Vous êtes alors le seul à avoir la carte et à pouvoir rendre le fichier à d’autres utilisateurs. Nous ne sommes pas au courant.

N’est ce pas une menace importante pour Mojonation ?

Nous ne pensons pas que la menace soit très grande. Il est nécessaire de donner son identité pour passer des mojos aux dollars et inversement. Il n’est pas impossible que des criminels utilisent Mojonation, mais cela reste assez risqué. Si vous convertissez un million de dollars d’argent de la drogue en mojos pour les blanchir, vous courez le risque que le cours du mojo change entre le moment où vous introduisez l ‘argent dans le système et le moment où il ressort. Le mojo n’a pas pour vocation d’être une forme stable de valeur. De plus, nous ne serions pas au courant d’activités illégales, sauf si quelqu’un nous avertissait. Si une maison de disque nous signalait des fichiers piratés, nous vérifierions et les mettrions le cas échant sur la liste des "mauvais blocs" de données, pour que les utilisateurs sachent qu’ils ne sont pas légaux.

Mais avec le système de serveurs décentralisés, vous ne pouvez pas retirer les fichiers des ordinateurs. Tout dépend donc de l’honnêteté de chacun...

Je suis plutôt optimiste sur la nature humaine. Je crois que si quelqu’un introduisait des images pédophiles sur Mojonation, les utilisateurs n’aimeraient pas ça et réagiraient. Dans le cas du MP3, c’est un peu moins clair, mais il y a toujours un usage raisonnable qui se met en place de fait. Mojonation ne crée pas de nouvelles opportunités pour les criminels. Et j’espère que les gens ne veulent pas de crimes. Mojonation est un très bon outil pour la liberté et contre la censure, mais sa raison d’être principale, c’est l’efficacité.

Pourquoi le siège social de votre entreprise est-il aux Îles Caïman ?

Cela a été décidé il y a deux ans et demi, à cause des lois américaines sur la cryptographie [l’exportation hors des ...tats-Unis de certaines cryptographies fortes était interdite, NDLR]. Aujourd’hui, nous pourrions déplacer le siège en Californie, là où sont nos bureaux, notamment si nos investisseurs nous le demandaient. Nous attendons surtout la fin du procès Napster. Et il se pourrait bien que nous ayons beaucoup de chance d’avoir choisi les Îles Caïman...

En cas de procès, il semble que la seule faiblesse de Mojonation soit d’avoir ses bureaux physiques aux ...tats-Unis...

Nous avons énormément réfléchi aux implications juridiques. J’ai travaillé pendant un an et demi avec des avocats avant de lancer quoi que ce soit. Même si la version bêta du système n’a été lancée que fin juillet 2000, la société existait avant Napster et nous pensions d’ailleurs être les premiers à nous faire attaquer. Nous croyons aujourd’hui être en mesure de gagner n’importe quel procès. La seule faiblesse serait dans le serveur qui sert de banque pour les mojos, car il est localisé aux ...tats-Unis. Une autorité pourrait donc le faire fermer. Mais nous avons prévu de le déplacer prochainement et de l’éclater, comme le reste du système, entre des serveurs multiples...

À qui les monnaies virtuelles comme la vôtre font-elles peur ?

Beaucoup de gouvernements devraient avoir peur parce que les monnaies privées donnent beaucoup de pouvoir économique aux gens. Un pouvoir qui est normalement réservé aux banques centrales... Cela leur ouvre de nouveaux choix : minimiser ses impôts, choisir le type de transaction. Cela donne en fait aux internautes beaucoup une liberté et des capacités qui sont aujourd’hui réservées aux riches, qui ne se gênent pas pour déplacer leur argent où ils veulent. Au bout du compte, l’apparition de monnaies électroniques fortes va changer tout ça, pour plus de liberté individuelle. On aura le choix entre des monnaies garanties par des gouvernements, d’autres par des entreprises.

 
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