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1er/03/2001 • 18h08

Mes ordinateurs la parole

archmag12
Tchatcheur fou ou psy soûlante, les logiciels de discussions se jouent, avec plus ou moins de succès, des mécanismes du dialogue. Et si le raisonnement laisse à désirer, ces beaux parleurs peuvent toujours nous faire rire.

oter la machine d’une intelligence humaine est un rêve fou, et presque aussi vieux que les machines elles-mêmes. Des générations d’inventeurs d’« automates intelligents » s’y sont cassé les dents. Mais l’intelligence, parlons-en. Car le dialogue est révélateur de la capacité à raisonner. En 1950, aux balbutiements de l’informatique, Alan Turing, mathématicien anglais, affirmait déjà que la machine serait aussi intelligente que l’homme le jour où elle parviendrait à se faire passer pour lui en discutant. Il imaginait que l’objectif serait atteint en l’an 2000. Dans Computing Machinery and Intelligence, il exposait les conditions du célèbre « test de Turing » : un homme communique avec deux interlocuteurs qu’il ne voit pas, l’un est un homme, l’autre un ordinateur. Si le candidat ne parvient pas à déterminer qui est l’interlocuteur humain, le test est concluant. Plus précisément, après cinq minutes de dialogue, le testeur doit se tromper plus de trois fois sur dix. Tout le monde n’est pas d’accord avec la validité de ce test. Certains, comme le philosophe John Searle, de l’université de Berkeley, ont avancé qu’un usage syntaxique correct d’une langue peut être suffisant pour faire illusion dans un laps de temps aussi court. Mais même si l’on considère que le test de Turing n’est qu’un révélateur partiel de l’intelligence d’une machine, il est quand même intéressant de constater qu’aucune machine n’a pour l’instant réussi à le passer avec succès. Ce n’est pas faute d’avoir essayé : chaque année, depuis 1990, l’excentrique philanthrope américain Hugh Loebner organise un concours auquel participent les meilleurs programmeurs. Les juges - spécialistes ou non : des enfants font partie du jury - donnent une « note d’humanité », après cinq minutes de dialogue via clavier et souris. Un prix de 100 000 dollars - une médaille en or à l’effigie de Turing et Loebner - est offert à quiconque proposera un système qui se fera passer pour humain. Aucun lauréat n’a encore été récompensé. « C’est normal », explique Jean-Baptiste Berthelin, spécialiste du langage au Limsi (Laboratoire d’informatique pour la mécanique et les sciences de l’ingénieur), une unité du CNRS. « Vers 1975, les spécialistes se sont dit que pour réaliser des dialogueurs sérieux, il fallait d’abord établir une représentation du langage satisfaisante. Mais dans les années 80, voyant que l’entreprise était trop difficile, certains se sont remis à programmer de petits logiciels tout en sachant qu’ils n’étaient pas complets. » Il existe donc un certain nombre de tentatives, parfois intéressantes, ou tout au moins amusantes. La première d’entre elles - et la plus connue - est Eliza (comme Eliza Doolittle, l’héroïne de My Fair Lady de Bernard Shaw). Développé en 1966, par Joseph Weizenbaum, un chercheur du MIT (Massachusetts Institute of Technology), ce logiciel simule une discussion avec un psychanalyste en se repérant grâce à certains mots clés. De nombreuses versions d’Eliza sont disponibles sur le Web, en anglais mais aussi en français. Considéré comme une réussite, puisque certaines personnes ont pu être trompées par le système (au commencement tout au moins), le programme Eliza n’en reste pas moins limité. La conversation tourne vite en rond, et le logiciel est plus doué pour relancer le dialogue que pour le faire vivre. La « note d’humanité » n’est donc pas très élevée... Plus évolué, Alice (Artificial Linguistic Internet Computer Entity) effectue un meilleur traitement du langage courant. Développé par Richard Wallace, de l’université LeHigh, Alice a remporté le Prix Loebner 2000 (sans passer le test de Turing, cependant). Au passage, on notera la propension des chercheurs à donner un nom féminin à leurs systèmes : est-ce par ce qu’ils ne sont pas très évolués (hypothèse machiste) ou parce qu’ils écoutent vraiment leur interlocuteur (hypothèse féministe) ? Mais la préférence de Jean-Baptiste Berthelin va plutôt vers des systèmes de dialogue artificiel - ou chatterbots - plus récents, basés sur un processus statistique et capables d’« apprendre » en fonction des précédentes conversations qu’ils ont eues. C’est le cas de megaHAL (vous vous souvenez, HAL, l’ordinateur de 2001, l’odyssée de l’espace...) du programmeur australien Jason Hutchens. Au départ, megaHAL ne connaît rien, si ce n’est les séparateurs entre les mots (espace, virgule, point, etc.). En parlant avec lui, ses interlocuteurs alimentent son vocabulaire. Il reproduit ensuite les séquences de mots les plus souvent entendues en fonction du contexte. Sur le même principe, le chatterbot jabberWACKY (plutôt déjanté) de Rollo Carpenter enregistre des phrases entières qu’il ressert à l’envi. En outre, il est doté d’un système de correction bien utile, car, comme l’explique Jean-Baptiste Berthelin, « certains utilisateurs lui apprennent à répondre des insultes en anglais quand on lui parle en français. On peut alors l’obliger à parler en français. » Réponse à tout D’autres chatterbots cachent leurs lacunes derrière d’amusantes particularités. Parry, mis au point en 1975 par Ken Colbyde, de l’université de Stanford, modélise ainsi le comportement paranoïaque d’un malade mental. On peut acheter le logiciel, dans une version plus évoluée et assagie, pour quelques centaines de dollars : son auteur assure qu’il permet d’économiser une bonne psychanalyse... Moins complexes mais plus présentables, les Virtual Personalities de la société Verbot (créée par Peter Plantec et Michael Mauldin, l’un des fondateurs de Lycos) mêlent traitement du langage naturel, intelligence artificielle (relative), animation faciale et synthèse de la voix. Cette solution de dialogue artificielle est vendue aux sociétés qui souhaitent dynamiser leur site web. Mais tous ces systèmes n’intègrent, en général, qu’un vocabulaire limité à quelques milliers de mots. D’autres chercheurs ont donc voulu créer des systèmes intelligents peut-être moins bavards, mais plus cultivés, voire même « conscients ». Des machines parfaites qui auraient réponse à tout... Le projet-phare de cette tendance « universaliste » est Cyc (d’enCYClopédie), lancé en 1984 par Douglas Lenat, l’une des pointures de l’intelligence artificielle. Cyc rassemble une base de connaissances énorme (mais confidentielle) et un système complexe de traitement de ces données. C’est en fait un « système expert » à l’ancienne avec des tonnes de règles logiques supposées imiter le raisonnement humain. Une véritable usine à gaz... De riches sponsors (Apple, Kodak et Microsoft entre autres) ont permis à la société Cycorp (dirigée désormais par Douglas Lenat) de développer cette technologie. Mais, hormis quelques outils de recherche évolués, Cyc ne produit finalement pas grand-chose. « On ne tire pas sur une ambulance, ironise Jean-Baptiste Berthelin, mais le projet semble avoir montré son inutilité. À moins que les résultats soient si forts qu’ils ne veulent pas les montrer... »

« Grains d’esprit »

La vanité des promoteurs de Cyc est un leitmotiv pour ceux de Gac (prononcez Jack), un projet concurrent, lancé en 2000, par le programmeur américain Chris McKinstry. Sur le site dédié à Gac, on peut lire : « l’équipe de Cyc est composée d’experts expérimentés et cher payés, tandis que l’équipe de Gac est rémunérée équitablement et n’a pas d’autre expérience que celle que la nature lui a donnée. (...) En bref, Gac est le moyen de réaliser par Internet ce que Cyc essaye de faire depuis des années. » De quoi s’agit-il ? D’utiliser les questions et réponses des internautes comme des « grains d’esprit » (mindpixel) pour créer une conscience artificielle globale (GAC) que l’on pourra questionner par la suite. Rien que ça ! Mais il s’agirait plutôt d’une conscience de comptoir, quand on y regarde de plus près... Les candidats posent une question (un mindpixel de plus) et répondent ensuite à une série de questions posées par d’autres internautes. Des interrogations qui laissent sans voix. Comment répondre vrai ou faux à des questions telles que « Y a-t-il de la vie sur Mars ? » ou « Il fait jour ? », qui n’ont rien à voir avec la conscience ? « Il n’y a pas d’argument sérieux en faveur de Gac », juge Jean-Baptiste Berthelin. Personne ne semble donc avoir trouvé de système miracle pour rendre la machine plus humaine. Jean-Baptiste Berthelin suggère modestement de faire appel à des « stratégies » pour tromper l’interlocuteur humain. Avec l’aide d’un thésard de son labo, il a entrepris de développer un système qui analyse des dialogues réels sous 40 angles différents (colère, humour, etc.) afin de construire un logiciel polymorphe qui saura séduire son interlocuteur par sa répartie. Les beaux parleurs le savent bien : quand on n’a rien d’intéressant à dire, il faut en rajouter...

La page de Jean-Baptiste Berthelin:
http://m17.limsi.fr/Individu/jbb/ Gac:
http://www.mindpixel.com Le prix Loebner:
http://www.loebner.net/Prizef/loebn... Eliza, version française:
http://www.limsi.fr/Individu/jps/in... Alice:
http://www.alicebot.org La sélection de Chatterbots de Simon Laven:
http://www.simonlaven.com megaHAL:
http://www.amristar.com.au/~hutch/m... jabberWACKY:
http://www.jabberwacky.com Virtual Personalities - Sylvie:
http://www.verbot.com Cyc:
http://www.cyc.com
 
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