19 11 2019
Retour a la home
Rubrique Économie
Économie
Rubrique Société
Société
Rubrique Technologies
Technologies
Rubrique Culture
Culture
MOTS CLÉS
 
Tous les mots

DOSSIERS...
 Le projet |  L’équipe |  L’association |  Nos outils  | Actualités |  Sources |  Alertes  
Abonnés : connectez-vous

 
Oubli du mot de passe
TRANSFERT S'ARRETE
Transfert décryptait l'actualité des nouvelles technologies, proposait un fil info quotidien et une série d'outils de veille. Notre agence, refusant toute publicité, dépendait de ses abonnements.
  COPINAGES
Ecoutez Routine.
Protégez-vous.
Chiffre du jour
700 000
dépistages génétiques chaque année en Europe, selon la Commission européenne (...)
Revue de Web
 Lindows harcelé
 Cyberdissidents vietnamiens en appel
 Plus de CO2 = moins d’eau potable
Phrase du jour
"Ce service public que nous assurons a besoin de votre soutien pour perdurer"
L’association Inf’OGM, qui justifie la fin de la gratuité de son bulletin d’information (...)

Dossier
Le nucléaire mis au secret
Dossiers récents
 Racisme en ligne : l’affaire Sos-racaille
 Le fichage des passagers aériens
 La bataille des brevets logiciels
 L’impasse énergétique
 L’hydrogène, une énergie (presque) propre
Tous les dossiers
Spacer
Unes de la semaine

lundi 1er/12 Transfert.net

vendredi 28/11 Économie

jeudi 27/11 Société

mercredi 26/11 Culture

mardi 25/11 Économie

Spacer


4/02/2002 • 19h53

Lessig was well and alive in Paris

Le célèbre juriste américain Lawrence Lessig était de passage à Paris pour une conférence à Science-Po. Ce gourou de l’Internet a déjà fait mouche en ébauchant une théorie de la régulation du Net. Aujourd’hui, il s’attaque à la conception juridique étriquée défendue par les entreprises qui souhaitent tout y contrôler.

Qui remplirait les deux tiers d’un amphi de Sciences-po une veille de week-end pour parler d’Internet ? Lawrence Lessig l’a fait, vendredi 2 février. L’universitaire étasunien, professeur de droit à l’université de Stanford, était invité par Bernard Benhamou, maître de conférences à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris. L’aura du juriste spécialiste de la constitution, qui fut un temps conseiller de l’équipe Clinton dans le procès Microsoft, avait attiré le petit monde de l’Internet politique. Celui qui s’interroge sur la régulation des comportements sur le réseau. De Meryem Marzouki (association Iris, " Imaginons un Réseau Internet Solidaire ") à l’omniprésente Isabelle Falque - Pierrotin (présidente du Forum des Droits sur l’Internet) en passant par le conseiller nouvelles technos de Michel Sapin (ministre de la fonction publique) ou le responsable de la section " virtuelle " du parti socialiste, Maurice Ronai.

La régulation, c’est possible

À la tribune,Lessig - blazer croisé chemise claire, cravate brune et lunettes fines,sérieux comme un constitutionnaliste- cite pourtant Richard Stallman, le gourou babacool du logiciel libre et fustige les stratégies de multinationales comme AOL Time Warner ou Disney. Car, au fil de ses deux ouvrages consacrés à Internet, le juriste s’est fait le chantre d’un Internet libre. Sans pour autant verser dans l’approche jusqu’au-boutiste, tient-il à le préciser, des " libertarians " étasuniens. Si Lessig suscite l’intérêt, c’est parce qu’il est l’un des rares à avoir ébauché une théorie de la régulation des réseaux, jusqu’alors prétendue impossible par beaucoup.

Dans son premier ouvrage, Code and other laws of cyberspace, il s’était employé à démontrer que le réseau Internet ne tenait sa liberté que de la manière dont il avait été construit, et non d’un état de " nature ". Des principes régissant les protocoles de communication, la circulation de l’information dans les tuyaux. Autrement dit de son architecture. Or, énonçait Lessig, l’architecture peut évoluer, celle-ci ayant souvent été utilisée à des fins politiques. Dans une récente interview à Libération, il citait l’exemple du réaménagement haussmanien de Paris, destiné à prévenir l’érection de barricades.

L’aveuglement des juristes

Dans son second livre, paru récemment, The Future of Ideas, il met plus directement en garde contre une évolution qui lui semble engagée : un contrôle accru du réseau via son architecture et ses contenus. En pesant sur les propriétés des protocoles qui régissent la circulation des données dans les câbles et en faisant pression pour une extension de la propriété intellectuelle, les groupes industriels tendent à restreindre la liberté des utilisateurs et l’innovation. " C’est la “stupidité” d’un réseau ne sachant pas ce qu’il transportait qui a favorisé l’innovation ", affirme le professeur. Or, dans bien des cas, les entreprises ont la main sur les câbles et sur les catalogues.

Reprenant la thèse de son dernier livre, Lessig commence par une attaque en règle des juristes américains. Incapables d’accepter le fait que " le droit ne régit pas tout ", que le contrôle sur l’architecture est bien plus effectif. Incapables également de reconnaître que la crispation des producteurs (de films, de musique, de livres) sur le copyright tend à faire disparaître la notion de " domaine public ", indispensable à la création. L’universitaire remonte aux sources de la constitution des Etats-Unis, pour défendre le point de vue selon lequel la protection au nom du droit d’auteur ou des brevets est nécessairement temporaire, contrairement à ce que veulent les lobbies qui réclament l’extension de sa durée. " Ce sont des protections assurées par l’Etat, rappelle Lessig. Or, aux Etats-Unis, on a tendance à considérer que l’Etat ne doit pas se mêler de tout ce qui concerne la propriété ". Le juriste conclut à la " corruption des valeurs " de la propriété intellectuelle, dont les parlementaires de Washington, selon lui, se rendent complices.

La volonté d’être ennuyeux

Lawrence Lessig revient aussi sur le procès Napster : " On interdit une technologie d’échange sous prétexte qu’elle permet de commettre des infractions alors que les armes sont en vente libre ", avant de conseiller aux gouvernements d’opter pour le logiciel libre. On l’interpelle dans la salle : " Quel modèle économique préconisez vous pour qu’une économie solide puisse se constituer sur le Net ? ". " Je n’en ai pas la moindre idée " avoue, sans détour, l’universitaire. Qui ne se dit pas opposé au principe du droit d’auteur mais à son extension. " Moi-même, je n’ai pas choisi de renoncer aux droits d’auteur sur mes livres car c’est le seul moyen pour qu’ils soient disponibles en librairie ", affirme-t-il. Lessig espère qu’une approche européenne puisse permettre d’éviter les écueils vers lesquels se dirigent les Etats-Unis, avec une position moins extrême sur les brevets et le droit d’auteur.

La salle semble dubitative. " Ne devriez-vous pas tenir votre discours à Porto Alegre ? ", lui demande-t-on. Le professeur, qui découvrira quelques minutes plus tard la mort de Pierre Bourdieu sur un panneau du syndicat Sud-étudiants — " Quelle tristesse, je l’admirais beaucoup ! " — semble mal à l’aise avec cette mouvance alternative. Mais en accord avec lui-même : " Tout ce que je peux dire, éclaire-t-il, très pince-sans-rire, c’est que depuis l’enfance, j’ai voulu être un prof de fac tout ce qu’il y a de plus ennuyeux. J’y suis d’ailleurs, parvenu : j’écris des lois -c’est parfaitement rasoir. Mais lorsque je vois où l’on va, ça me rend dingue ! ".

La page de Lawrence Lessig à l’université d’Harvard
http://cyber.law.harvard.edu/lessig...
 
Dans la même rubrique

28/11/2003 • 18h33

La Criirad porte plainte contre la Cogema pour avoir diffusé des infos sur les déchets nucléaires

27/11/2003 • 17h14

La Cnil met les"étiquettes intelligentes" sur sa liste noire

26/11/2003 • 18h54

Un observatoire associatif pour lutter contre les inégalités

24/11/2003 • 22h09

EDF refuse d’étudier la résistance de l’EPR à une attaque de type 11-septembre

24/11/2003 • 18h36

La Grèce bannit la biométrie de ses aéroports à un an des Jeux olympiques
Dossier RFID
Les étiquettes "intelligentes"
Dernières infos

28/11/2003 • 19h29

Quand le déclin de la production pétrole mondiale va-t-il débuter ?

28/11/2003 • 19h19

Les réserves de pétrole sont dangereusement surévaluées, dénonce un groupe d’experts

27/11/2003 • 19h01

Un traité onusien veut obliger les belligérants à nettoyer les "résidus explosifs de guerre"

26/11/2003 • 19h06

"The Meatrix", un modèle de dessin animé militant, hilarant et viral

26/11/2003 • 18h47

Pour les Etats-Unis, les essais nucléaires ne sont pas encore de l’histoire ancienne

25/11/2003 • 19h13

Les hébergeurs indépendants ne sont toujours pas responsables, pour l’instant

25/11/2003 • 19h04

Les licences Creative Commons bientôt disponibles en français

24/11/2003 • 18h16

10 000 manifestants réclament la fermeture de la School of Americas

21/11/2003 • 19h36

Deux affaires judiciaires relancent la polémique sur la responsabilité des hébergeurs

21/11/2003 • 19h04

Un anti-raciste poursuivi en justice pour antisémitisme

21/11/2003 • 18h48

Le festival Jonctions confronte art, technologies et éthique

20/11/2003 • 19h28

Un fonctionnaire ne peut utiliser sa messagerie professionnelle à des fins religieuses

20/11/2003 • 19h00

Les technologies de surveillance automatisée tiennent salon au Milipol 2003

20/11/2003 • 18h22

Zouhaïr Yahyaoui libre, les cyberdissidents tunisiens restent harcelés par le régime

20/11/2003 • 16h29

Le site parodique Send Them Back milite pour le renvoi de tous les mp3 "volés" à la RIAA


Contacts |  Haut de page |  Archives
Tous droits réservés | © Transfert.net | Accueil
Logiciels libres |  Confidentialité |  Revue de presse