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9/03/2001 • 16h44

Les mailing-lists, c’est moins cher que les tracts et plus efficace

Elizabeth Lulin a créé Paradigmes et cætera en 1998. Sans employés, elle réalise des études traitant de la démocratie et d’Internet. L’année 2001 s’ouvre avec Partis politiques et campagnes électorales à l’heure d’Internet*.

Comment réussit-on une campagne électorale en ligne ?

Internet n’est qu’un instrument, il importe surtout d’avoir un projet, un programme, une équipe. Mais il faut aussi être réaliste. En France, le taux de connexion n’est pas encore très élevé. La population visée n’est pas représentative du pays. Le public d’Internet est plutôt jeune, de catégorie socioprofessionnelle supérieure et habite dans des villes à forte population étudiante. On pourra aller à la rencontre des électeurs sur le Web. En revanche, dans les petites villes, la campagne électorale est plus traditionnelle : le contact direct avec les citoyens est possible.

En pratique, comment peut-on utiliser le Net ?

L’instrument le plus utile, ce sont les mailing-lists. Mais pour envoyer des informations aux électeurs, il faut commencer par collecter des adresses. En Grande-Bretagne, où l’on prépare les élections législatives, le parti conservateur s’est engagé dans une grande campagne de collecte de mails. Il a lancé des pétitions, par exemple sur le thème de l’euro, en demandant aux signataires s’ils acceptaient de mettre leurs coordonnées dans la case "e-mail". Un million de personnes ont signé ces pétitions, et 10 % ont laissé leur adresse électronique. A priori, les tories savent que ce sont des gens proches des vues qu’eux-mêmes défendent. Mais il y a d’autres méthodes. Aux ...tats-Unis, Aristotle.com vend des adresses e-mails sur une base géographique. Les tenants du géomarketing font des analyses du style : untel habite à Neuilly, donc il vote à droite. Le problème avec Aristotle, c’est que les particuliers ne savaient pas que leurs données personnelles seraient commercialisées.

La collecte de mails n’est-elle pas de toute façon contradictoire avec la protection des données personnelles ?

La seule méthode sujette à aucune critique, c’est l’opting-in. Il faut cliquer sur une bannière pour commencer à recevoir la liste de diffusion d’un candidat. Ou bien il faut s’enregistrer sur le site de ce dernier. Il y a eu un bon exemple d’opting-in aux ...tats-Unis. La National Rifle Association, l’association de défense des intérêts des partisans des armes à feu, savait que ses adhérents sont a priori plutôt pro-Bush. Elle leur a proposé de les inscrire sur la liste de diffusion de Georges Bush, s’ils étaient d’accord pour recevoir des nouvelles de sa campagne électorale.

Les candidats français aux municipales savent-ils se servir des listes de diffusion et collecter des adresses ?

En France, il n’y a pas encore de vraie banque d’adresses électroniques. Mais les hommes politiques ont tout intérêt à se lancer dans les mailing-lists, car cela coûte moins cher que les tracts et c’est plus facile à gérer. C’est du push (une technologie qui consiste à pousser l’information vers l’internaute, comme à la télé). Mais il ne faut pas oublier pour autant que la culture du Réseau n’est pas passive. L’internaute est actif. Les candidats français devront donc mettre plus de contenu factuel dans leurs communications, et éviter de tenir un simple discours de campagne généraliste. Sur Internet, l’exigence de précision et d’argumentation est forte. Les gens veulent comparer les programmes. Un homme politique qui enverrait un message noyant le poisson se méprendrait. Aux ...tats-Unis, si vous êtes candidat et que vous parlez d’environnement, il faut dire clairement si vous êtes pour ou contre la taxation du gazole. Si vous ne le faîtes pas, des portails politiques le feront à votre place. Ces nouveaux intermédiaires désossent les programmes électoraux à la place des électeurs. Lorsqu’un politique n’est pas clair, le résultat est très mauvais pour lui : les portails en déduisent "qu’il ne pense rien" à ce sujet, "qu’il est contradictoire"... Les commentaires ne sont pas toujours bienveillants.

Quelle influence ont les portails politiques, en France ?

Les portails politiques sont encore balbutiants. Il n’y a pas grand-chose en dehors de lapolitique.org. De toute façon, l’information sera plutôt sur les portails locaux, puisque les élections sont municipales. Il faut surveiller des villes comme Cannes ou Paris. Quant aux portails nationaux, il s’agira surtout de gagner de l’expérience en prévision des législatives, des présidentielles et des européennes. Avant eux, c’étaient les journaux comme Le Monde qui faisaient la synthèse des positions de chacun. Mais il y avait une seule édition sur papier, un jour donné, et les articles n’étaient pas accessibles en permanence. Sur le Web, la synthèse est réactualisée ; elle sert de fondement à des débats dans lesquels les candidats peuvent s’exprimer.

Y a-t-il de nouveaux acteurs politiques sur Internet ?

Oui, les citoyens, qui s’y expriment directement. Sauf à défiler dans les rues avec des pancartes ou bien envoyer des lettres aux élus dont on ne sait jamais vraiment où elles atterrissent, on n’a jamais eu de moyen d’exprimer publiquement ses vues de simple citoyen. Sur Internet, il est possible de se grouper et de débattre. Aux ...tats-Unis, beaucoup de fondations à but non lucratif ont pris l’initiative d’organiser le débat sur des thèmes précis. Ici, nous avons des sites comme mairiedeparis.com, qui organise des chats avec les candidats. Mais ça ne passionne pas encore grand monde. Il faut bien se dire que nous en sommes aujourd’hui au stade de développement des ...tats-Unis en 1996, pour l’Internet politique. Il y a très peu d’interactivité. De plus, culturellement parlant, nous ne sommes pas prêts. Il n’y a jamais eu, en France, de tradition de discussions publiques sur des sujets politiques.

Après la campagne électorale en ligne, la prochaine étape sera l’apparition de partis virtuels ?

En Allemagne, il y a déjà eu deux tentatives de créer des partis sans vocation territoriale, uniquement présents en ligne. D’abord, le Demokratische europäische Partei für Telekommunikation, qui a échoué, puis le Föderalistische Partei Deutschlands. Ce qui m’a troublé en découvrant ce dernier, c’est que je n’avais aucun moyen de savoir s’il s’agissait d’un parti important ou pas. Le Web nivelle les différences de poids des partis, qui sont pourtant flagrantes dans la vie réelle. On peut donc très facilement faire de l’intox ! En France, il y a également eu un e-parti, mais l’expérience a tourné court.

Mais l’apparition d’un e-parti est-elle souhaitable ?

À quoi sert un parti politique ? Primo, à proposer un projet de politique publique, et à engager un débat sur ce thème. Secundo, à acquérir et à gérer le pouvoir. Or, pour ce deuxième volet, l’aspect virtuel n’a pas de sens. Il faut des gens dans les municipalités pour exercer les responsabilités ! Le e-parti n’a un sens que pour la production d’idées et la discussion. Je crois donc à l’apparition de cette nouvelle forme de partis, mais quand nous serons mûrs pour cela. La culture des forums internet est encore très peu portée au compromis. Chacun expose son point de vue sans écouter la réponse des autres. Heureusement, je crois que c’est un problème transitoire. Le dialogue va se développer, aidé par de nouveaux logiciels de gestion de forums. Certains permettront de filtrer les interventions des extrémistes ou des monopolisateurs professionnels de la parole. D’autres structureront le débat en utilisant des clefs linguistiques et sémantiques. La Commission européenne et le gouvernement des ...tats-Unis financent déjà des projets de ce type. Quant aux sociétés commerciales, elles sont très intéressées par ce genre de logiciels.

*Paru dans Le Journal de l’Atelier n°70, janvier 2001, à commander aux éditions La Pérouse, BNP-Paribas, Paris. Voir aussi sur le site de l’Atelier.

http://www.paradigmes.com
http://www.paradigmes.com
 
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