20 09 2018
Retour a la home
Rubrique Économie
Économie
Rubrique Société
Société
Rubrique Technologies
Technologies
Rubrique Culture
Culture
MOTS CLÉS
 
Tous les mots

DOSSIERS...
 Le projet |  L’équipe |  L’association |  Nos outils  | Actualités |  Sources |  Alertes  
Abonnés : connectez-vous

 
Oubli du mot de passe
TRANSFERT S'ARRETE
Transfert décryptait l'actualité des nouvelles technologies, proposait un fil info quotidien et une série d'outils de veille. Notre agence, refusant toute publicité, dépendait de ses abonnements.
  COPINAGES
Ecoutez Routine.
Chiffre du jour
700 000
dépistages génétiques chaque année en Europe, selon la Commission européenne (...)
Revue de Web
 Lindows harcelé
 Cyberdissidents vietnamiens en appel
 Plus de CO2 = moins d’eau potable
Phrase du jour
"Ce service public que nous assurons a besoin de votre soutien pour perdurer"
L’association Inf’OGM, qui justifie la fin de la gratuité de son bulletin d’information (...)

Dossier
Le nucléaire mis au secret
Dossiers récents
 Racisme en ligne : l’affaire Sos-racaille
 Le fichage des passagers aériens
 La bataille des brevets logiciels
 L’impasse énergétique
 L’hydrogène, une énergie (presque) propre
Tous les dossiers
Spacer
Unes de la semaine

lundi 1er/12 Transfert.net

vendredi 28/11 Économie

jeudi 27/11 Société

mercredi 26/11 Culture

mardi 25/11 Économie

Spacer


2/07/2003 • 20h15

Les "foules intelligentes" se déploient dans les villes américaines

Emails et SMS au service d’étranges actions collectives
 

Aux Etats-Unis sont apparues récemment de petites actions collectives d’un genre nouveau : coordonnés par emails et SMS, des groupes d’internautes se rassemblent pour des happenings éphémères et volontairement absurdes. Ce mouvement, lancé par le site Mob Project, est une application récente d’un concept plus large, théorisé par l’auteur et gourou américain Howard Rheingold (lire son interview) : les "foules intelligentes" ou "smart mobs", qui s’organisent en temps réel grâce aux moyens de communication mobiles. Du neuf avec du vieux...

Le grand magasin Macy’s de Manhattan a reçu le 17 juin dernier la visite de clients inhabituels : à 19h27 précises, 150 individus environ se rassemblent autour d’un tapis persan. Ils cherchent, expliquent-ils à un vendeur, un "tapis de l’amour" censé être destiné au loft où ils vivent en communauté, dans le quartier new-yorkais du Queens. Dix minutes plus tard, après quelques conversations, la foule se disperse aussi rapidement qu’elle s’est formée, sous les yeux éberlués du vendeur.

Deux semaines plus tôt, c’est une boutique d’accessoires de mode de New York qui a été envahie pendant sept minutes exactement par une multitude de visiteurs. Qui cette fois n’ont pas échangé un mot.

Mercredi 2 juillet, un troisième rassemblement est prévu en fin de journée, dans un lieu pour l’instant tenu secret.

Aucune revendication

Les participants à ces attroupements aussi soudains qu’étranges ne partagent aucun loft. La plupart ne se connaissent pas. Ils ont simplement reçu un email les invitant à participer au Mob Project. Et à transmettre le message à leurs amis.

A mi-chemin entre happening situationniste et canular juvénile, ce projet n’affiche qu’une seule ambition : constituer "une foule inexplicable pendant 10 minutes ou moins".

Pour éviter que les services de police ne surveillent les lieux comme lors du premier rassemblement, l’emplacement exact du rendez-vous n’est désormais révélé qu’à la dernière minute : les destinataires de l’e-mail sont conviés à se rendre dans un bar où une personne leur indiquera les consignes à suivre.

Il ne faut y voir aucune revendication, aucun message, politique ou social, a expliqué à la radio américaine NPR un mystérieux Bill, qui serait à l’origine du Mob Project. Mais seulement une performance artistique, délibérément absurde et orchestrée par email.

Le péjoratif fait des émules

Relayé par de nombreux blogueurs, le Mob Project de Manhattan fait des émules dans d’autres villes américaines. A San Francisco, par exemple. Ou encore à Minneapolis, où un groupe de ces internautes qui éditent des petits sites personnels dynamiques, prévoit d’organiser par email un rassemblement instantané le 22 juillet. Dans quel but ? "Juste pour s’amuser" et pour semer la confusion dans un lieu public qui reste encore à déterminer. Pas plus de 10 minutes, annoncent les organisateurs, pour éviter tout dérapage.

Certains internautes craignent en effet qu’un attroupement aussi important ne dégénère ou ne fasse le jeu de kleptomanes. Lors des deux premiers rassemblements de Manhattan, la foule était cependant, d’après une participante, "très calme, réfléchie et intello", voire carrément "nerdy". Interrogés sur leurs motivations, beaucoup de participants se déclarent séduits par le côté surréaliste et farfelu de l’initiative. Et se réjouissent des connotations négatives du mot "mob", qui en anglais désigne une cohue ou une meute plus qu’une foule organisée. Mob a également le sens de "populace" ou encore de "mafia".

Recyclage moderne

Ce type de rassemblement n’est pas nouveau. Dans les années 50 déjà, le mouvement politico-artistique des situationnistes préconisait des "actes urbains" parfaitement absurdes, visant seulement à se réapproprier la ville.

Autre exemple plus récent : depuis 1994, des dizaines de fêtards déguisés en pères (ou mères) Noël se réunissent tous les ans fin décembre dans un quartier de San Francisco, sans autre but que de "boire et faire peur aux touristes". Ces festivités, coordonnées par email et par le bouche à oreille, se sont au fil des ans étendues à une dizaine de villes d’Amérique du Nord.

"Aujourd’hui, les nouvelles technologies facilitent l’organisation de ce type d’action collective" observe Howard Rheingold. Dans un ouvrage intitulé Smart Mobs - The Next Revolution paru en octobre 2002, ce californien futuriste s’est intéressé aux "foules intelligentes" : des groupes dont les membres sont reliés les uns aux autres par email, SMS ou téléphone portable et coordonnent ainsi leur action en temps réel.

"Ce n’est qu’un début"

Un concept qui recouvre des phénomènes très divers : les mouvements altermondialistes ayant orchestré en 1999 à Seattle les manifestations contre l’OMC à l’aide de téléphones portables, mais aussi les groupies britanniques du prince William, qui préviennent par SMS une centaine de leurs semblables dès qu’elles aperçoivent leur idole dans un lieu public.

Si le Mob Projet de Manhattan paraît "frivole", note Howard Rheingold, il n’en relève pas moins de cette même forme de mobilisation sociale, qui se situe "à l’intersection des nouvelles technologies et de l’action collective". Le gourou prophétise : "Le smartmobbing n’en est qu’à son tout début".

Au risque de mettre dans le même sac mouvements politiques et simples effets de mode, l’auteur consigne donc soigneusement sur son site d’autres exemples récents de "smart mobs" : des dizaines de Japonais fans du films Matrix qui convergent vers une place de Tokyo déguisés en agent Smith, ou encore le groupe Guerilla Queer Bar de Detroit, composé de gays et lesbiennes qui se fixent rendez-vous par email dans un bar hétérosexuel, non par militantisme mais simplement pour "faire la fête et changer de décor". Autant de motivations qui n’ont pas attendu l’arrivée des nouvelles technologies pour s’exprimer mais trouvent peut-être dans le smartmobbing de nouvelles énergies.

Smart Mob San Francisco - Bay Area
http://www.robzazueta.com/blogchive...

Minneapolis Mob:
http://geocities.com/minneapolismob/

Rassemblement de pères Noël:
http://www.santarchy.com/

Le site de Smart Mobs de Howard Rheingold:
http://www.smartmobs.com/

Detroit Guerrilla Queer Bar:
http://www.detroitguerrillas.com/

 
Dans la même rubrique

28/11/2003 • 18h33

La Criirad porte plainte contre la Cogema pour avoir diffusé des infos sur les déchets nucléaires

27/11/2003 • 17h14

La Cnil met les"étiquettes intelligentes" sur sa liste noire

26/11/2003 • 18h54

Un observatoire associatif pour lutter contre les inégalités

24/11/2003 • 22h09

EDF refuse d’étudier la résistance de l’EPR à une attaque de type 11-septembre

24/11/2003 • 18h36

La Grèce bannit la biométrie de ses aéroports à un an des Jeux olympiques
Dossier RFID
Les étiquettes "intelligentes"
Dernières infos

28/11/2003 • 19h29

Quand le déclin de la production pétrole mondiale va-t-il débuter ?

28/11/2003 • 19h19

Les réserves de pétrole sont dangereusement surévaluées, dénonce un groupe d’experts

27/11/2003 • 19h01

Un traité onusien veut obliger les belligérants à nettoyer les "résidus explosifs de guerre"

26/11/2003 • 19h06

"The Meatrix", un modèle de dessin animé militant, hilarant et viral

26/11/2003 • 18h47

Pour les Etats-Unis, les essais nucléaires ne sont pas encore de l’histoire ancienne

25/11/2003 • 19h13

Les hébergeurs indépendants ne sont toujours pas responsables, pour l’instant

25/11/2003 • 19h04

Les licences Creative Commons bientôt disponibles en français

24/11/2003 • 18h16

10 000 manifestants réclament la fermeture de la School of Americas

21/11/2003 • 19h36

Deux affaires judiciaires relancent la polémique sur la responsabilité des hébergeurs

21/11/2003 • 19h04

Un anti-raciste poursuivi en justice pour antisémitisme

21/11/2003 • 18h48

Le festival Jonctions confronte art, technologies et éthique

20/11/2003 • 19h28

Un fonctionnaire ne peut utiliser sa messagerie professionnelle à des fins religieuses

20/11/2003 • 19h00

Les technologies de surveillance automatisée tiennent salon au Milipol 2003

20/11/2003 • 18h22

Zouhaïr Yahyaoui libre, les cyberdissidents tunisiens restent harcelés par le régime

20/11/2003 • 16h29

Le site parodique Send Them Back milite pour le renvoi de tous les mp3 "volés" à la RIAA


Contacts |  Haut de page |  Archives
Tous droits réservés | © Transfert.net | Accueil
Logiciels libres |  Confidentialité |  Revue de presse