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29/08/2003 • 15h01

"La présence de marques porte atteinte à la neutralité de l’école" [Véronique Gallais]

La présidente d’Action Consommation refuse que les élèves deviennent des fils de pub

Véronique Gallais est présidente du mouvement Action Consommation. Créée en octobre 2001 par des membres de différentes organisations dont Attac (François Dufour, vice-président d’Attac, et membre de la Confédération paysanne, est l’un des fondateurs), cette association milite pour une "consommation citoyenne". Elle se veut aussi observatoire des modes de production, de distribution et de consommation, ainsi que de leurs implications. Action Consommation est associé à l’opération "Une rentrée sans marques 2003", qui veut "virer la publicité de l’école" (lire notre article)

Comment expliquer la place grandissante occupée par les marques à l’école ?
Véronique Gallais : L’intrusion des entreprises à l’école est de plus en plus marquée. Avec la complicité, d’ailleurs, du ministère de l’éducation nationale. Le récent "Code de bonne conduite", adopté lorsque Jack Lang était ministre de l’Education pour encadrer l’entrée de la publicité dans les écoles, a remplacé la notion de "neutralité de l’école" par celle de "neutralité commerciale". Il permet à de nombreuses entreprises de déployer leurs outils de marketing et de publicité dans les établissements scolaires. Quand il ne s’agit pas d’actions en partenariat direct avec le ministère, comme lors de la campagne officielle "Le respect, ça change l’école". Des T-Shirts Morgan étaient proposés à la vente, 30 % du prix étant reversé à l’association Stop la violence. Un lien Internet sur le site du Ministère permettait d’accéder directement au site de la marque.
En s’attaquant à l’école, les marques poursuivent un triple objectif. Premièrement, les entreprises ont besoin de fidéliser les consommateurs, de plus en plus conscients des conséquences sociales et environnementales de leurs activités. Entrer dans les écoles leur permet d’améliorer leur image, dans le cadre d’actions "désintéressées", tout en rappelant leur existence à des consommateurs potentiels, futurs ou présents. Deuxièmement, c’est un moyen pour elles de fidéliser leurs employés. Ceux-ci sont en effet de plus en plus sensibles à l’engagement "sociétal" de leur entreprise. Enfin, l’entreprise peut aussi, par ce biais, sensibiliser l’opinion publique aux impératifs économiques, préparant le terrain pour des lois toujours plus libérales. C’est pour cette raison qu’Action Consommation s’est élevée, en juin 2003, contre le concours "Les Masters de l’économie", proposé par le CIC (Crédit Industriel et commercial) et présenté comme un outil pédagogique en appui à l’enseignement des professeurs.
Le projet de décentralisation pour l’éducation (qui notamment transfère des compétences aux collectivités territoriales sans leur donner les moyens de les assumer) risque d’amplifier fortement cette tendance, dont l’idéologie donne un rôle central à l’entreprise dans la société.

Ne peut-on considérer l’emprise des marques comme un moindre mal, quand elle vient pallier un manque de financement ?
La présence de marques en milieu scolaire porte atteinte à la neutralité de l’école et détourne l’enseignement de sa fonction principale : développer les connaissances de base, la culture générale et l’esprit critique des jeunes, bien avant les compétences professionnelles. Dire que les marques sont un moindre mal équivaut à prendre les choses à l’envers. On pourrait, plutôt, considérer que les marques détournent des impôts. Les mallettes pédagogiques et autres jeux concours doivent bien être financés. Et comment, sinon par les consommateurs qui achètent les produits de l’entreprise ? Ainsi, les consommateurs, à défaut de payer des impôts supplémentaires, financent des réalisations d’intérêt général, à des fins publicitaires voire idéologiques pour certaines entreprises.
Peut-on considérer comme normal qu’une marque de céréales offre des petits déjeuners à l’école, ou bien qu’une marque de poupées, dont les jouets sont fabriqués par des enfants en Asie, enseigne les couleurs aux plus jeunes ? Aux Etats Unis, les annonceurs financent des équipements que les budgets alloués à l’école ne suffisent pas à payer. En Europe et dans les pays en développement, l’Organisation mondiale du commerce recommande de "rationnaliser" les services publics, notamment l’éducation et la santé, en libéralisant toujours plus l’économie. Parallèlement, les paradis fiscaux permettent des évasions fiscales considérables. Tandis que les multinationales et les spéculateurs s’enrichissent et renforcent leur pouvoir (sur les 100 premières puissances mondiales, 51 sont des entreprises, devant de nombreux Etats), les classes moyennes doivent se contenter de services publics au rabais qui contribuent à creuser les inégalités.

Une opération comme "Une rentrée sans marques" n’est-elle pas un combat perdu d’avance, dans la mesure où les enfants se retrouvent inondés de sollicitations publicitaires, la porte de l’école à peine franchie ?
Le combat n’est perdu que lorsqu’il se fait dans l’ombre. Il s’agit de mettre en lumière les contradictions et aberrations de notre modèle économique, de les dénoncer pour que les enseignants, parents, jeunes et citoyens refusent, autant que faire se peut, la puissance des marques, dans et hors l’école. Tous les enseignants et parents n’acceptent pas d’être complices de ce système. Certains jeunes l’ont déjà également bien compris.
Les budgets marketing et publicitaires sont colossaux. Par exemple, le budget publicitaire de Nestlé est supérieur au budget de fonctionnement de l’Organisation mondiale de la santé ! Nous sommes enfermés dans un diktat de consommation, d’individualisme et de dépendance. Il s’agit de nous désaliéner, de prendre conscience du pouvoir des multinationales qui savent nous séduire et nous rendre complices d’une forme de totalitarisme. Pour enfin nous émanciper. Laissez-moi terminer par cette phrase de Nico Hirtt, de l’APED (L’Appel pour un mouvement démocratique, un mouvement belge de réflexion et d’action pour l’égalité d’accès à l’éducation, Ndlr) : "L’élève se trouve désormais ’au centre’ de l’attention pédagogique, comme le client est roi ? de qui veut le plumer."

Le site d’Action Consommation:
http://www.actionconsommation.org/p...

L’opération "Une rentrée sans marques" veut bouter la pub hors de l’école (Transfert.net):
http://www.transfert.net/a9209

Un article d’Action Consommation contre les Masters de l’économie:
http://www.actionconsommation.org/p...

Le site de Stop la violence:
http://www.stoplaviolence.org/navig...

Le site de l’APED, association pour une école démocratique:
http://www.ecoledemocratique.org

 
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