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4/11/2000 • 08h00

L’école de la récup’

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L’école primaire de Bel-Air à Torcy a été dotée de plus de 60 ordinateurs en retapant du matériel obsolète récupéré auprès d’entreprises. Mais le système D a ses limites. Faute de temps et d’argent, plus de 700 Macintosh dorment dans les placards de l’école en attendant d’être revendus à d’autres établissements ou à des associations.

L’école primaire Bel-Air n’est pas précisément un établissement pilote. D’après son directeur, Yvan Némo, 65 % des élèves sont issus de familles qui vivent en dessous du seuil de grande pauvreté (environ 3 500 francs par mois). Située dans un quartier anonyme de la ville nouvelle de Torcy (Seine-et-Marne), près de Marne-la Vallée, Bel-Air est pourtant mieux équipée en matériel informatique que n’importe quel grand lycée parisien. L’école s’est pourvue d’un réseau de soixante ordinateurs pour cent soixante élèves, sans recevoir un franc de subvention. Car Yvan Némo a un truc : la récup’.

Raclements de chaises sur le lino, puis silence. Quand Yvan Némo, 39 ans, entre dans la salle de classe, plus un enfant ne moufte. "Vous vous installez calmement devant vos ordinateurs et vous continuez votre travail", ordonne le directeur. Némo entretient un style distant et sévère, "hussard noir de la République", la blouse de travail en moins. Une posture qui contraste avec la photo de Gandhi - une pub Apple - scotchée sur la porte de la salle d’informatique.

Bienfaits pédagogiques

Sociologue de formation, tendance Bourdieu, Yvan Némo est un informaticien autodidacte. Il raconte : "J’ai réalisé il y a quelques années déjà que l’informatique et surtout l’organisation en réseau permettent un meilleur partage du savoir." À l’école Bel-Air, les enfants passent la majorité de leur temps devant un écran. Ils numérisent des photos ou des dessins trouvés dans la bibliothèque - un dinosaure, le Mont-Blanc, Cheverny, Léonard de Vinci -, puis rédigent de petits articles. Chacun contribue à alimenter une base de données accessible à tous. Nassim, 11 ans, lève la main : "Maître ! J’arrive pas à trouver une photo de requin !" Yvan Némo s’approche : "Tu as cherché dans quoi ?" "Ben, je suis allé dans le dossier mammifère, puis dans mammifère marin, et y’a rien. Pourtant je sais qu’on a des photos de requins." "C’est sûrement que tu ne cherches pas au bon endroit", glisse le directeur. Nassim réfléchit quelques instants, tout en parcourant à nouveau l’arborescence de la base de données. Un clic, et le dossier "poissons" apparaît. "Ah ben, d’accord !", s’exclame Nassim. Patrick Matinier, l’un des enseignants de Bel-Air qu’Yvan a converti à l’informatique, remarque : "Cette pédagogie crée une émulation étonnante entre les enfants. Le plus spectaculaire, c’est la vitesse et l’aisance avec laquelle ils naviguent à l’intérieur de l’arborescence. Non seulement ils acquièrent des connaissances, mais ils apprennent en même temps à les organiser de façon cohérente."

Pièces de musée

Pour que cette méthode fonctionne, il fallait des ordinateurs, beaucoup d’ordinateurs. La mairie de Torcy n’est pas riche : impensable de financer un équipement massif. En 1995, Yvan achète les deux premiers Mac pour l’école, par le biais d’une association qu’il a créé, Arché. Il se souvient : "C’étaient deux vieux machins qu’on a trouvés chez un broker qui revendait du matériel obsolète de la RATP en faisant de confortables bénéfices." Les premières années d’activité d’Arché tiennent de l’acrobatie : les courses à travers tout Paris pour récupérer une palette de claviers, les arnaques de revendeurs sans scrupule, les mercredi et les week-ends passés à retaper des machines... Tout en se souvenant, Yvan longe le couloir qui donne dans les salles de classes. Il ouvre les placards : près de 700 ordinateurs y sont entreposés. Des pièces de musée, qui seraient parties à la décharge si Bel-Air ne les avait pas récupérées. Ils leur manquent souvent une carte-mère ou une coque, et le temps pour les installer. L’école s’est constitué son trésor de guerre petit à petit. "Au début, il n’était pas question de don. Tous les ordinateurs que nous voulions, il fallait les payer entre quatre cents et trois mille francs pièce." Mais aujourd’hui, grâce au bouche-à-oreille, on appelle Némo pour qu’il vienne débarrasser des palettes entières venues d’hôpitaux comme Lariboisière, à Paris, ou de grandes sociétés comme Apple France.

Politiques publiques ?

La plupart des 700 ordinateurs entreposés à Bel-Air ne sont pas destinés à l’école, qui est désormais largement pourvue. Une fois qu’ils sont retapés, les Mac sont revendus avec un petit bénéfice à d’autres écoles de Seine-et-Marne ou à des associations de quartier. Certains sont offerts à des parents d’élèves doués pour l’informatique, mais qui n’ont pas les moyens de débourser six mille francs pour acheter un PC neuf. Avec les bénéfices de la revente, Bel-Air peut acquérir du matériel de qualité pour améliorer son réseau interne. Après cinq ans de système D, l’association Arché est devenue pérenne, mais son activité à tendance à stagner, faute de moyens pour écouler son stock pléthorique. Et Némo rêve d’aller plus loin : "Dans cinq ans, une école primaire avec une trentaine d’ordinateurs, ça n’aura rien d’exceptionnel. Rien que sur la communauté de commune de Marne-la-Vallée, ça fait un parc de 1 500 machines. Aucune municipalité ne peut faire face au coup de maintenance qu’un tel parc représente." Némo voudrait créer une structure à l’échelle de la communauté de communes, chargée de réparer les machines et de leurs trouver un acquéreur associatif ou municipal.

On n’en est pas encore là. Arché doit se contenter du matériel qu’on veut bien lui donner. Aurélien Durand, qui travaille en emploi jeune pour l’association, souligne : "Nous manquons de périphériques de souris, de claviers. Certains des claviers qu’on nous donne sont carrément inutilisables, parce qu’ils sont italiens ou américains." Némo ne voit pas comment aller plus loin sans le soutien de l’...tat : "Il faudrait créer des incitations fiscales pour que les entreprises nous donnent leurs vieux PC." Avant de devenir secrétaire d’...tat à l’...conomie solidaire, Guy Hascouët avait parlé d’une telle mesure devant l’Assemblée nationale. Interrogé, son cabinet "n’a pas connaissance d’une telle démarche." En attendant, la récup’ a de beaux jours devant elle... Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), près de 97 % des ordinateurs obsolètes partent dans les incinérateurs ou sont entreposés dans les décharges publiques.

Les vieux PC des écoles de Besançon

Besançon, dans le Doubs, est la seule ville en France qui organise à grande échelle la récupération de vieux ordinateurs. En 1999, la ville a racheté 150 francs pièce 1 200 PC déclassés venant de la Banque Populaire de Franche-Comté. Ils équipent désormais toutes les écoles, à raison de trois ordinateurs par classe, de vieux 486 Mhz pour la plupart. Grâce à un réseau organisé selon une structure dite du "client léger", ces PC peuvent faire tourner des logiciels modernes mais gourmands en mémoire. Chaque ordinateur ne sert que de terminal d’affichage. Les logiciels sont exécutés à partir de plusieurs serveurs puissants. L’opération n’a coûté que 2,5 millions de francs à la municipalité pour 1999.
 
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