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1er/09/1999 • 18h59

HOURTIN 99 : une loi, mais rien de très nouveau

Le Premier ministre était attendu à Hourtin, et tout le monde pressentait un discours aussi fort qu’il y a deux ans. Il n’a pas eu lieu. Certes, Lionel Jospin s’était réservé quelques effets d’annonce sur une loi spéciale Internet, pour début 2000. Mais rien qui puisse annoncer une réaction aussi forte que celle qui avait suivi son discours de 1997. Tant mieux, au fond : c’est peut-être la preuve que l’Internet français grandit bien, et n’a pas besoin de "coups" pour avancer.
©transfert
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À l’occasion du discours du Premier ministre, l’Université d’été de Hourtin avait fait le plein : Dominique Strauss-Kahn, Elisabeth Guigou, Catherine Trautmann et Christian Pierret étaient là pour le gouvernement, ainsi qu’un très grand nombre de personnalités des médias et de l’industrie (entre autres ; Pierre Lescure, président de Canal Plus, Marc Tessier le boss de France Télévision ou Jean-Marie Cavada, celui de Radio France). Tout le monde serré sous le petit chapiteau, et à l’extérieur deux fois plus de monde encore. Mais comme Hourtin est un lieu un peu à part où le formalisme ne dure jamais longtemps, les membres du gouvernement ont été invités, dès la fin du discours, à rejoindre leur "arbre". Un "arbre à palabre" attendait chacun des ministres. Une table, quelques chaises, et n’importe qui pouvait venir discuter avec les responsables politiques. Jospin était bien sûr assailli. Comme Guigou ou Strauss-Kahn. Christian Pierret était moins sollicité, allez savoir pourquoi... Un seul arbre était délaissé : celui que les organisateurs avaient réservé pour Jean-Noël Tronc, conseiller du Premier ministre, et auteur du fameux discours d’il y a deux ans. Le conseiller était resté auprès de son boss. Ironie : l’arbre avait perdu son Tronc…

©transfert

Les principaux extraits du discours :

Le satisfecit. Deux ans après le premier "discours de Hourtin", Lionel Jospin constate que les choses s’arrangent. Que les Français semblent enfin avoir compris qu’il fallait monter dans le train :

"Aujourd’hui, les Français s’approprient les outils de la société de l’information. Les ventes de micro-ordinateurs ont dépassé celles des téléviseurs. Quinze millions de Français possèdent un téléphone mobile. Même s’il demeure un retard français en ce domaine, l’usage de l’Internet a connu dans les six derniers mois une progression spectaculaire – de 45% – qui permet d’envisager un rattrapage rapide. Le secteur des technologies de l’information et de la communication pèse désormais 5 % du PIB national  : c’est-à-dire plus que le tourisme et autant que les secteurs de l’automobile et de l’énergie réunis. Le dynamisme de nos entreprises dans ces secteurs leur permet d’occuper globalement le quatrième rang mondial. Ainsi, depuis deux ans, la France comble son retard. Dans certains domaines – l’éducation, l’innovation technologique –, elle prend même de l’avance."

L’importance du domaine pour la France. Lionel Jospin avait, il y a deux, insisté sur l’aspect stratégique d’une présence française dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Il insiste encore, en parfaite cohérence avec ce que répète Dominique Strauss-Kahn, dès qu’il en a l’occasion  :

"Il s’agit d’un secteur stratégique : l’un de ceux qui tirent la croissance. Le centre de gravité de l’activité économique se déplace, au point que se dessine ce que certains appellent une " nouvelle économie ". Si la formule est peut-être excessive, elle recouvre un changement bien réel dont le Gouvernement a pris la mesure. Des métiers nouveaux émergent, qu’il faut apprendre à maîtriser. Des produits et des services innovants apparaissent, qu’il faut savoir fournir. Les fonctions de toutes les entreprises sont amenées à évoluer, de la conception des produits jusqu’à leur diffusion auprès du consommateur – l’essor du commerce électronique le souligne. La contribution à l’emploi de ces secteurs d’activité est déterminante.(…) Le secteur de l’informatique concentre ainsi le quart des cadres embauchés en 1998. Je me réjouis aussi que la France compte, en Europe, la plus forte proportion d’internautes parmi les jeunes : outil d’ouverture et de créativité, le réseau offre à notre jeunesse une formidable perspective. Il suffit de constater la moyenne d’âge des créateurs de "start-ups", des développeurs de jeux et de services en ligne."

Les enjeux sociétaux. Les NTIC n’ont pas que des impacts économiques. Ils sont structurants pour la société  :

"Il s’agit là d’un secteur qui modèle notre société. L’information et la communication jouent un rôle croissant dans notre vie moderne ; elles participent de nos libertés. Elles doivent donc servir la diversité culturelle et non l’amoindrir. C’est pourquoi la façon dont sont conduits les développements de la société de l’information est décisive : à nous de faire en sorte que l’espace de communication qui prend forme soit démocratique, solidaire et pluraliste."

Internet et l’administration. L’un des principaux impacts de son discours de 1997 fut la prise de conscience par l’administration qu’elle ne pouvait plus se contenter de regarder Internet de haut. Qu’elle devait se lancer. C’était un ordre. Aujourd’hui, Lionel Jospin constate que les choses vont mieux, même s’il reste encore beaucoup à faire :

"L’administration française devient "électronique". En janvier, nous avons publié le décret rendant opposables à l’administration les formulaires mis en ligne. Cette année, près d’un million de contribuables ont calculé le montant de l’impôt sur le revenu par l’Internet. Depuis le début de l’été, les annonces de marchés publics sont disponibles sur le réseau. Nous poursuivons ainsi dans le sens de la diffusion gratuite sur l’Internet des données publiques les plus utiles à nos concitoyens et à nos entreprises."

Inégalités. Les NTIC coûte encore cher, même si les prix baissent. Et le fossé ne doit pas se creuser entre ceux qui pourront y avoir accès, et les autres :

"L’essor des technologies de l’information ne doit pas creuser un "fossé numérique". L’Internet ne doit pas nourrir de nouvelles inégalités dans l’accès au savoir. Il revient au service public de veiller au développement équilibré de ces technologies sur le territoire national et à l’égal accès de tous aux contenus essentiels que diffusent ces réseaux. À travers l’Ecole, en particulier, l’Etat peut prévenir "l’illectronisme", avant qu’il ne devienne un nouvel avatar de l’illettrisme. Nous nous en donnons les moyens : le taux de raccordement des lycées et des collèges à l’Internet est aujourd’hui l’un des plus élevés du monde."

L’an 2000. Le "bogue" est dans quelques mois. Pour ceux qui ne le savent toujours pas, Lionel Jospin insiste sur l’importance du rendez-vous :

"Notre pays a pris ce défi au sérieux : 50 000 informaticiens travaillent sur le sujet depuis plus de dix-huit mois et les dépenses de préparation représentent plus d’un pour-cent du PIB français. La France compte désormais parmi les pays industrialisés les mieux préparés. Je voudrais néanmoins mettre à nouveau en garde ceux des responsables – notamment au sein des très petites entreprises – qui pensent encore, à tort, ne pas être concernés par le risque du "bogue de l’an 2000"

La signature électronique. Indispensable pour le développement des échanges commerciaux.

"Tout d’abord, je vous annonce que sera présenté lors du prochain Conseil des ministres le projet de loi portant adaptation du droit de la preuve aux technologies de l’information et relatif à la signature électronique. Les principaux obstacles juridiques au développement des transactions dématérialisées pourront ainsi être levés."

Un projet de loi sur la société de l’information. C’est la principale annonce du discours. Une loi, pour début 2000, regroupant les principaux aspects législatifs d’Internet.

"J’ai demandé à M. Dominique Strauss Kahn, ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, de préparer ce texte en étroite liaison avec Mme la ministre de la Justice et Mme la ministre de la Culture et de la communication. Je voudrais évoquer ici deux de ses aspects qui, je le sais, sont d’une importance particulière pour vous tous.

La liberté de communication(…).

Il en va ainsi, par exemple, de la liberté d’user de la cryptologie pour assurer la confidentialité des communications. (…) Le réseau a en outre besoin d’une forme de régulation adaptée. (…) Le Gouvernement proposera la mise en place d’un organisme qui associera, dans un but de concertation et de déontologie, acteurs publics et privés.

La protection des contenus et des droits des auteurs (…).

Le créateur doit conserver son lien intangible avec l’œuvre une fois celle-ci diffusée. C’est pourquoi nous restons fondamentalement attachés au régime du droit d’auteur. (…) J’ai demandé à la ministre de la Culture et de la Communication, en liaison avec les ministres concernés -la ministre de la Justice et le secrétaire d’Etat à l’Industrie- de conduire une réflexion et une concertation sur la notion d’œuvre collective, sur le statut de la création salariée et, de manière générale, sur les conditions de dévolution des droits dans un cadre contractuel. Je souhaite que les conclusions de cette réflexion me soient remises avant la fin de l’année."

Pour voir la totalité du discours

 

Pourquoi Hourtin ?

mis en ligne le jeudi 26 août 1999

L e village de vacances est devenu un nom important de l’histoire de l’Internet français. Il a suffi d’un discours de Jospin, en 1997. Et cette année, Lionel is back…

Les élus de la station balnéaire auraient pu en faire un slogan : “Hourtin, ses plages, son île, ses plages de nudistes, ses discours…“ La petite cité girondine qui accueille chaque année l’Université d’été de la communication a connu son heure de gloire il y a deux ans, quand Lionel Jospin y a prononcé ce qui peut presque être considéré comme le discours fondateur du développement de l’Internet en France : le “Discours de Hourtin”. Avec une majuscule. Le nouveau premier ministre disait, en substance  : “le minitel, c’est bien, mais l’avenir s’appelle Internet et la France doit s’y mettre très vite pour rattraper son retard.” C’était la première fois qu’un homme politique de ce niveau posait, officiellement, le problème du réseau des réseaux. Brusquement, ce qui était considéré par les “instances” comme un amusement d’informaticiens, devenait sérieux, important même. En quelques mots, Jospin avait amorcé la prise de conscience. Deux ans plus tard, le premier ministre revient à l’Université d’été. Ce soir, il parlera. Tout est prévu. Les gendarmes ont sillonné le site avec des représentants de la préfecture pour s’assurer de l’efficacité des mesures de sécurité. Le réseau se prépare aussi à diffuser, en images, le discours qui – tout le monde l’annonce –, ne sera pas anodin (voir notamment le site de Matignon ou CanalWeb). .

Inconnus compétents et stars plus ou moins inspirées

On espère, en tout cas, qu’il sera plus novateur que celui de Catherine Trautmann qui, lundi, n’avait visiblement soit rien à dire, soit rien envie de dire avant son boss. Les “étudiants” de l’Université d’été (dont la moyenne d’âge frôle quand même la cinquantaine) ont pu également assister à un nombre très respectable de débats sur des thèmes variés  :“Les enjeux d’Internet pour les handicapés”, “Spiritualité et société de l’information  : les nouveaux prédicateurs”, “Communication d’entreprise  : l’illusion de la transparence”, ou encore “Les nouveaux chemins de l’enseignement à distance”. Animés par des inconnus compétents ou des stars plus ou moins inspirées (la liste des invités prestigieux court de Jean-Marie Cavada à Elisabeth Guigou, Marc Blondel, Yvan Levaï, Joël de Rosnay ou Dominique Strauss-Kahn), les débats sont souvent intéressants. Même si le niveau de l’auditoire est très inégal, Hourtin n’est pas le rendez-vous des professionnels du multimédia. La plupart des inscrits sont issus de l’administration (...ducation nationale, la Poste, les ministères…). Ils viennent ici pour apprendre, comprendre, tout en profitant du cadre.

Un endroit où il faut être vu

Les intervenants et les exposants sont, eux, des professionnels ravis de présenter leurs productions, leur savoir. Après tout, Hourtin est aussi un endroit où il faut passer, être vu, être cité. Ce n’est pas là la moindre des qualités d’un événement estival devenu une institution, mais dont tout le monde ne sait pas se servir. En 1996, Alain Juppé, Premier ministre mais aussi maire de Bordeaux la voisine, était venu inaugurer l’Université d’été. Plusieurs de ses conseillers lui proposèrent de faire un discours fort sur l’importance d’Internet et des nouvelles technologies. Il y renonça pour ne pas froisser France Télécom, toujours grand argentier du minitel. L’année suivante, Jospin fit ce discours. Et c’est lui qui, pour les internautes, est entré dans l’histoire…

Site officiel de l’Université d’été de la communication:
http://www.crepac.com Matignon:
http://www.premier-ministre.gouv Canalweb:
http://www.canalweb.net
 
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