24 03 2017
Retour a la home
Rubrique Économie
Économie
Rubrique Société
Société
Rubrique Technologies
Technologies
Rubrique Culture
Culture
MOTS CLÉS
 
Tous les mots

DOSSIERS...
 Le projet |  L’équipe |  L’association |  Nos outils  | Actualités |  Sources |  Alertes  
Abonnés : connectez-vous

 
Oubli du mot de passe
TRANSFERT S'ARRETE
Transfert décryptait l'actualité des nouvelles technologies, proposait un fil info quotidien et une série d'outils de veille. Notre agence, refusant toute publicité, dépendait de ses abonnements.
  COPINAGES
Jouez sur iPhone à Lucioles.
Sauvez la planète en lisant Terra Eco.
Et pourquoi pas plonger dans Nautilus ?
Ecoutez Routine.
Chiffre du jour
700 000
dépistages génétiques chaque année en Europe, selon la Commission européenne (...)
Revue de Web
 Lindows harcelé
 Cyberdissidents vietnamiens en appel
 Plus de CO2 = moins d’eau potable
Phrase du jour
"Ce service public que nous assurons a besoin de votre soutien pour perdurer"
L’association Inf’OGM, qui justifie la fin de la gratuité de son bulletin d’information (...)

Dossier
Le nucléaire mis au secret
Dossiers récents
 Racisme en ligne : l’affaire Sos-racaille
 Le fichage des passagers aériens
 La bataille des brevets logiciels
 L’impasse énergétique
 L’hydrogène, une énergie (presque) propre
Tous les dossiers
Spacer
Unes de la semaine

lundi 1er/12 Transfert.net

vendredi 28/11 Économie

jeudi 27/11 Société

mercredi 26/11 Culture

mardi 25/11 Économie

Spacer


11/09/2003 • 14h32

Grâce à l’auto-partage, la voiture coûte moins cher et pollue moins

La "caisse commune" est encore en période de rodage
 

L’auto-partage consiste à mettre en commun une flotte de véhicules à travers des abonnements ou des achats groupés. Introduit en France en 1999, ce système permet de diviser par 15 le nombre d’automobiles nécessaires à une population donnée. Encore très marginal (il ne concerne que quelques centaines d’utilisateurs à Paris et Strasbourg), l’auto-partage bénéficie du soutien des collectivités locales qui voient en lui une nouvelle façon de limiter le trafic et la pollution automobile.

La voiture d’un particulier reste immobile 92 % du temps, et ne transporte en moyenne 1,2 personne par voyage, d’après une synthèse de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE). A Strasbourg, l’association Auto’trement garantit l’accès immédiat à une petite berline 24 heures sur 24, moyennant un abonnement mensuel de 10 euros, puis 1,40 euro par heure d’utilisation et 0,19 euro par kilomètre. Un tarif qui, sur des parcours urbains ou périurbains de quelques heures, est bien inférieur à ceux d’un taxi ou d’une société de location traditionnelle. Jean-Baptiste Schmider, directeur d’Auto’trement, précise : "Evidemment, à ce prix-là, nous n’offrons pas tous les services d’un loueur, comme le nettoyage systématique du véhicule. Mais heureusement, nos clients ne sont ni des maniaques, ni des goujats."

Créée en 1999, la société Auto’trement compte aujourd’hui 300 adhérents et dispose de 22 voitures. "Grâce à un système de carte à puce, on peut avoir sa voiture sans attendre, explique Jean-Baptiste Schmider. Il suffit de se rendre dans l’une des 8 stations réparties dans l’agglomération."

A Paris, la société Caisse-Commune, également créée en 1999, représente aujourd’hui la plus importante expérience d’auto-partage en France, avec 65 véhicules et un peu plus d’un millier d’utilisateurs.

L’un de ces abonnés, François F., imprimeur dans le 18e arrondissement, témoigne : "J’ai vendu ma voiture il y a trois ans. Je n’en pouvais plus de tourner des heures pour trouver une place. Avec Caisse Commune, je suis sûr de pouvoir utiliser une voiture quand je veux sans payer d’emprunt ni d’assurance. Je m’en sers deux ou trois fois par semaine, en général pour des déplacements professionnels. Je n’attends jamais et j’ai toujours une place au parking."

Réservé aux citadins

Loïc Mignotte, 35 ans, directeur de Caisse-Commune, décrit l’auto-partage comme "un complément des transports en commun, financièrement intéressant pour des parcours compris entre 5 et 250 km". Il précise : "En général, nos clients s’en servent ponctuellement, pour se rendre dans des endroits mal desservis par la RATP, pour aller à une soirée en banlieue, faire ses courses dans un hypermarché ou effectuer de petites livraisons."

Il n’existe pratiquement pas de services d’auto-partage hors des quartiers centraux des villes. Le directeur de Caisse-Commune : "L’auto-partage est difficile à mettre en place si l’habitat est pas dense. Les stations de parking ne doivent pas être trop loin du domicile."

A Paris, seuls 20 % des clients de Caisse-Commune - "des actifs, plutôt des bobos", note Loïc Mignotte - possèdent leur propre voiture. Le taux de motorisation des Parisiens est de 56 %. L’auto-partage permet de diviser par un facteur proche de 15 le nombre de voitures nécessaires : au lieu que 500 familles possèdent chacune une ou deux voitures chacune, elles peuvent, moyennant un coût largement inférieur, se contenter de 30 voitures pour un usage équivalent.

Chez Caisse Commune, l’accès à un véhicule est garanti par le contrat d’abonnement. Loïc Mignotte avance un taux de satisfaction de la demande de 98 %. "Tout le monde ne se sert pas de sa voiture au même moment. Certains en ont besoin en journée, d’autres en soirée, d’autres encore uniquement le week-end. Avec un système informatique adapté, il est facile de lisser la demande."

Diminuer le trafic

L’intérêt environnemental de l’auto-partage n’a échappe aux collectivités locales urbaines, confrontées à un trafic automobile de plus en plus dense. Caisse Commune est le fruit d’une expérience pilote de l’Agence régionale de l’environnement et des nouvelles énergies d’Ile-de-France (Arene). Même si l’expérience demeure marginale, la ville de Paris tente d’en encourager le développement en louant ses places de parking à un tarif préférentiel. A Strasbourg, les subventions représentent 30 % du budget de fonctionnement d’Auto’trement.

Une partie des voitures d’Auto’trement et de Caisse-Commune fonctionnent avec des carburants "propres" : batteries électriques, gaz de pétrole liquéfié (GPL) ou gaz naturel véhicule (GNV). Pourquoi ne pas proposer une flotte excluant totalement les moteurs à essence ? Parce que ça coûte trop cher, répondent en cœur Jean-Baptiste Schmider et Loïc Mignotte. "Il ne nous paraît pas judicieux de prendre ce risque économique supplémentaire, justifie ce dernier. Le premier argument écologique de l’auto-partage reste la diminution du trafic."

Le principe de l’auto-partage est né à Zurich, en Suisse, en 1948. Il s’agissait d’un club dont les membres s’étaient cotisés pour acquérir une automobile, un bien de luxe à l’époque. Dans les années soixante, en France, plusieurs projets ambitieux avortent, confrontés à la frilosité de l’Etat qui refuse d’envisager de restreindre l’activité de l’industrie automobile. En 1969, Fishman et Wabe, deux chercheurs anglais, proposent d’implanter à Londres une multitude de garages communautaires où seraient garés des véhicules mis à la disposition de tous les résidents de la ville.

L’irrationalité de l’automobiliste

Relancé au début des années 90 en Allemagne et en Suisse, le principe de l’auto-partage tarde à prendre une réelle ampleur. D’après Jean-Baptiste Schmider, le principal frein à son développement demeure "l’attachement sentimental et irrationnel que les gens entretiennent vis-à-vis de leur voiture". Il remarque : "On a beau démontrer que l’auto-partage revient largement moins cher que la possession d’une voiture, c’est un argument que la plupart des gens refusent d’entendre."

Une voiture qui parcourt entre 15 et 20 000 km par an coûte environ 600 euros par moi, selon l’AEE. C’est près de 10 à 20 % du budget d’un ménage de classe moyenne. En 1969, déjà, l’étude de Fishman et Wabe avait démontré que la plupart des automobilistes ne tiennent compte que du coût marginal de leur voiture (essence, parking, péage, éventuellement l’assurance), en oubliant bien vite leur investissement initial, à l’achat. Voilà le biais : lorsqu’ils choisissent leur mode de déplacement, la plupart des gens comparent ce coût marginal de la voiture au coût total des transports en commun. Un raisonnement faussé qui joue au détriment de tous les types de transports mutualisés (train, bus, auto-partage) lorsque Monsieur Toulemonde se demande s’il est bien raisonnable qu’il s’offre la dernière Retroën.

Les Helvètes, dont les qualités en arithmétique n’ont plus besoin d’être vantées, ne sont pas tombés dans le panneau. Sur quelque 120 000 utilisateurs de systèmes d’auto-partage dans le monde en 2001 (selon les données de l’Arene d’Ile-de-France) plus de 40 % résident en Suisse.

Posséder ou utiliser ?

Mobility, est le nom du service national d’auto-partage suisse, le plus important au monde. Avec une flotte de 1800 véhicules (berlines, break, camionnettes), Mobility permet d’obtenir une voiture n’importe quel canton : des voitures sont disponibles dans 400 localités différentes.

L’adhésion à Mobility peut être complétée par un abonnement aux chemins de fer, moyennant un tarif avantageux. "C’est l’une des raisons de leur succès, remarque à Strasbourg le directeur d’Auto’trement. "Seule une alliance tarifaire entre les transports en commun et l’auto-partage peut vraiment concurrencer le modèle dominant de la voiture comme bien exclusif", plaide-t-il. La communauté urbaine de Strasbourg et Auto’trement ont récemment mis en place un abonnement combinant l’accès aux bus, aux trams et au service d’auto-partage pour 39 euros par mois.

Thierry Kazazian, directeur de O2 France, une société de design spécialisée dans l’éco-conception des produits, explique : "Le succès futur de l’auto-partage nécessite une révolution conceptuelle : considérer que le service qu’un produit rend compte plus que d’en détenir le titre de propriété."

Une idée en vogue chez les spécialistes d’énergie et d’environnement : passer d’une "société de consommation" à une "société d’usage", tenant compte de l’épuisement des ressources naturelles. En exergue du site de European Car Sharing, le principal service allemand d’auto-partage, on trouve d’ailleurs cette citation d’Aristote : "En toute chose, vous trouverez plus de richesses dans l’usage que dans la possession."

"A spaceman economy"

Pour une voiture d’une tonne, le "sac à dos écologique" (le poids des matières premières et énergies nécessaires à sa fabrication) atteint 70 tonnes, selon les calculs du Wuppertal Institut. D’après l’OCDE, plus de 96 % des transports mondiaux fonctionnent encore exclusivement au pétrole. Or le pétrole est une source d’énergie fossile dont la combustion est la principale cause du réchauffement climatique, et dont les réserves prouvées devraient être épuisées d’ici une quarantaine d’années.

L’auto-partage fait partie des solutions qui pourraient permettre de reculer l’échéance d’une pénurie énergétique mondiale aux conséquences incalculables. Nous vivons aujourd’hui dans une "économie de prédation", "a cow-boy economy", selon l’expression employée dès les années soixante par l’économiste américain Kenneth E. Boulding. Cela signifie que nous produisons et consommons comme si nous disposions de quantités infinies de matières. L’enjeu ultime de l’auto-partage consiste à passer à une "économie de préservation", "a spaceman economy", dans laquelle les déperditions d’énergie réduites au maximum grâce à l’invention de nouveaux modes de consommation moins gaspilleurs.

"L’impasse énergétique" (dossier Transfert)
http://www.transfert.net/d51

Le site de Caisse-Commune:
http://www.caisse-commune.com/

Le site d’Auto’trement:
http://www.autotrement.com/

Le site de Mobility:
http://www2.mobility.ch

Le site d’European Car Sharing:
http://www.carsharing.org

Le site de O2 France:
http://www.O2france.com

Bilan d’une table ronde de l’Arene Ile-de-France sur l’auto-partage (pdf, 252 ko):
http://www.areneidf.com/DONNEES/PUB...

Un historique de l’auto-partage sur un site spécialisé québécois:
http://communauto.com/historique01.html

 
Dans la même rubrique

28/11/2003 • 19h29

Quand le déclin de la production pétrole mondiale va-t-il débuter ?

28/11/2003 • 19h19

Les réserves de pétrole sont dangereusement surévaluées, dénonce un groupe d’experts

25/11/2003 • 19h13

Les hébergeurs indépendants ne sont toujours pas responsables, pour l’instant

25/11/2003 • 19h04

Les licences Creative Commons bientôt disponibles en français

21/11/2003 • 19h36

Deux affaires judiciaires relancent la polémique sur la responsabilité des hébergeurs
Dossier RFID
Les étiquettes "intelligentes"
Dernières infos

28/11/2003 • 18h33

La Criirad porte plainte contre la Cogema pour avoir diffusé des infos sur les déchets nucléaires

27/11/2003 • 19h01

Un traité onusien veut obliger les belligérants à nettoyer les "résidus explosifs de guerre"

27/11/2003 • 17h14

La Cnil met les"étiquettes intelligentes" sur sa liste noire

26/11/2003 • 19h06

"The Meatrix", un modèle de dessin animé militant, hilarant et viral

26/11/2003 • 18h54

Un observatoire associatif pour lutter contre les inégalités

26/11/2003 • 18h47

Pour les Etats-Unis, les essais nucléaires ne sont pas encore de l’histoire ancienne

24/11/2003 • 22h09

EDF refuse d’étudier la résistance de l’EPR à une attaque de type 11-septembre

24/11/2003 • 18h36

La Grèce bannit la biométrie de ses aéroports à un an des Jeux olympiques

24/11/2003 • 18h16

10 000 manifestants réclament la fermeture de la School of Americas

21/11/2003 • 19h04

Un anti-raciste poursuivi en justice pour antisémitisme

21/11/2003 • 18h48

Le festival Jonctions confronte art, technologies et éthique

20/11/2003 • 19h28

Un fonctionnaire ne peut utiliser sa messagerie professionnelle à des fins religieuses

20/11/2003 • 19h00

Les technologies de surveillance automatisée tiennent salon au Milipol 2003

20/11/2003 • 18h22

Zouhaïr Yahyaoui libre, les cyberdissidents tunisiens restent harcelés par le régime

20/11/2003 • 16h29

Le site parodique Send Them Back milite pour le renvoi de tous les mp3 "volés" à la RIAA


Contacts |  Haut de page |  Archives
Tous droits réservés | © Transfert.net | Accueil
Logiciels libres |  Confidentialité |  Revue de presse