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17/09/2003 • 13h35

Faut-il brûler les incinérateurs de déchets ?

La controverse fait rage sur les risques sanitaires liés au traitement thermique des ordures

Une belle fille sur un tas d’ordures : c’est ainsi que l’écrivain Cavanna voyait notre société il y a quelques années. On ne sait ce qu’est devenue la demoiselle, mais l’amas d’immondices ne cesse de s’élever. En France, la production de déchets augmente d’environ 1 % par an, malgré le développement du recyclage. 26 départements sont déjà au bord de l’overdose et ne trouvent de solution qu’en exportant une partie de leurs déchets ménagers dans un autre département.

Comment éliminer ce qui ne peut être transformé ? Les restrictions aux mises en décharges programmées par la loi de 1992 semblaient annoncer l’âge d’or des incinérateurs. Les grandes entreprises se sont vite enflammées et placées dans la course : les communautés de communes ont majoritairement choisi de confier à des opérateurs privés plutôt qu’à des régies la gestion des UIOM (usines d’incinération des ordures ménagères, qui brûlent aussi certains déchets industriels dits "banals").

Parmi les principaux acteurs du secteur figurent donc les habitués de la délégation de service public : Onyx-environnement (Veolia, ex-Vivendi Environnement) qui réalise 8 % de son chiffre d’affaires grâce à l’incinération, et la Sita (Suez, ex-Lyonnaise des eaux, numéro 1 du secteur en Europe). La collecte et le traitement des déchets, incinération comprise, représentent en 2002 un marché de 5 038 millions d’euros en France ; et il continue de croître, les volumes incinérés augmentant à mesure que ferment les décharges. Ces services se payent : le coût du traitement des ordures est passé de 10 ans de 75 euros à 150 euros la tonne.

Si le cercle était vertueux...

La "valorisation thermique" peut en outre permettre aux entreprises de transformer les poubelles en ressources énergétiques. La combustion des déchets urbains solides représente 1,9 million de TEP (tonnes équivalent pétrole), soit 10 % de la production totale française d’énergie renouvelable (qui elle même s’élève à 15 % de la production nationale d’énergie).

L’Ademe (Agence de l’environnement et de maîtrise de l’énergie) a d’ailleurs financé à hauteur de 107 millions d’euros la création de 42 incinérateurs entre 1993 et 2000. Aujourd’hui, environ 90 % des 123 UIOM existant en France génèrent de la chaleur et/ou de l’électricité à partir des 2000 tonnes brûlées par heure.

Le cercle pourrait presque paraître vertueux... "La valorisation thermique encourage la consommation d’emballages et autres déchets plastiques", s’emporte Pierre-Emmanuel Neurohr, directeur du Centre national d’information indépendante sur les déchets (le CNIID, un réseau regroupant 200 associations locales). "Or la quantité d’énergie pour l’incinération est souvent plus importante que celle qui est tirée de la combustion des déchets", précise Neurohr.

"Pas dans mon jardin"

En bon fer de lance de l’attitude "NIMBY" ("not in my backyard", pas dans mon jardin), le CNIID se mobilise contre les projets d’installation d’UIOM qui fleurissent en France (saturation des décharges oblige). Les populations s’inquiètent des conséquences potentielles sur la santé. Les scandales de la dioxine sont dans toutes les têtes : la molécule cancérigène et puissant dérégulateur hormonal est bien connu depuis l’affaire Seveso en 1982. Or la production de dioxine provient pour 40 % des incinérateurs, notamment des petites usines anciennes, comme celle de Fumel, dans le Lot-et-Garonne (Lire notre article).

60 de ces incinérateurs anciens ont été fermés depuis 1997 et les normes européennes imposent des filtres et des degrés de combustion limitant à l’extrême les rejets de polluants : les taux de dioxine autorisés sont ainsi passés de 3 nanogrammes/m3 à 0,1ng/m3 dans la dernière directive (qui doit entrer en application en 2005).

"Actuellement, l’ensemble du parc d’UOIM rejette moitié moins de dioxine que les feux de cheminées", tempère le professeur en toxicologie Jean-François Narbonne. P-E. Neurohr, du CNIID, rejette l’argument : "Fondamentalement, on ne sait pas ce qu’on va mettre dans un incinérateur, s’énerve-t-il. Pour une quinzaine de polluants normés, une centaine d’autres ne le sont pas, et on ignore comment ils interagissent !" Le professeur Narbonne soupire : "Nous sommes passés d’un extrême à l’autre dans la perception des incinérateurs." Il dénonce les "démagogues du CNIID, qui apeurent les foules" et demande aux politiques des moyens pour que les scientifiques puissent travailler.

Vers un scénario "à l’amiante" ?

Au sein de l’AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments), le Pr Narbonne préside un groupe d’experts sur la dioxine. Il a engagé une vaste enquête sur l’impact épidémiologique et alimentaire de cette substance.

Les derniers travaux de ses collègues sont peu rassurants. "Nos observations dans la région Rhône-Alpes montrent que, lorsque l’exposition aux rejets d’UIOM est importante, on observe une augmentation de 10 % des malformations congénitales de l’appareil urinaire", explique Sylvaine Cordier, épidémiologiste à l’Inserm. Les Cassandre prédisent un scénario "à l’amiante" pour les futures affaires de la dioxine.

En attendant que la lumière soit faite, la transparence est à l’ordre du jour : afin d’informer les populations, des Commissions locales d’information et de surveillance doivent être créées pour toute nouvelle installation du type incinérateur. La rigueur est également à l’ordre du jour au plan international : sous l’égide du Programme des Nations Unies pour l’Environnement, un protocole sur les polluants organiques persistants (POP) vient d’entrer en vigueur grâce à la signature de 16 pays (dont la France). Le texte dresse pour la première fois un inventaire exhaustif des produits et polluants à bannir.

’Des militants jugés à Agen pour avoir mis hors service l’incinérateur de Fumel’ (TRANSFERT)
http://www.transfert.net/a9286

’Les poubelles françaises menacent de déborder’ (AFP)
http://fr.news.yahoo.com/030910/202...

Le site de la Fédération nationale des activités de la dépollution et de l’environnement (FNADE):
http://www.fnade.org

Le bilan des émissions des incinérateurs publié par le gouvernement:
http://www.environnement.gouv.fr/ac...

Une analyse de la toxicité des dioxines:
http://www.ping.be/~ping5859/Fr/Chl...

Un dossier très complet de Greenpeace France sur les incinérateurs:
http://www.greenpeace.fr/campagnes/...

La carte des incinérateurs publiée par Greenpeace France:
http://www.greenpeace.fr/campagnes/...

 
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