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28/11/2000 • 18h05

ARCHIVES 1.08 - Préparons-nous aux guérllas high-tech

Laurent Murawiec est un spécialiste des stratégies militaires. Il a publié, en décembre dernier, La guerre au XXIe siècle où il décrit les règles du jeu des conflits à venir : la fin des guerres de l’âge industriel et la genèse de ce que l’état-major américain a baptisé « la révolution dans les affaires militaires ».

Les récents progrès de l’armement sont impressionnants. Mais pourquoi parler de « révolution » ?

Parce que c’en est une. La « révolution dans les affaires militaires » ou RMA correspond à des changements profonds dans le domaine de l’armement, mais aussi des doctrines militaires et de l’emploi des forces. Toutes les grandes transformations depuis un quart de siècle dans le domaine civil sont en train de migrer et de muter en même temps au sein du monde militaire.

Quelles transformations ?

Il y a évidement les trois grandes révolutions technologiques : l’électronique, l’informatique et les télécommunications. Mais il s’agit aussi de la révolution politique, née au début des années quatre-vingt avec Reagan et Thatcher : déconcentration, privatisation, effondrement du planisme, etc. Enfin, la révolution organisationnelle dans les entreprises : l’allégement des structures d’encadrement, la fin du divorce entre conception et réalisation, l’organisation en modules. Les militaires cherchent à suivre la même voie. Ce qui est en train de mûrir dans l’armée américaine est aussi important que l’invention des armes à feu, qui a mis fin à la domination du chevalier, et qui, d’une certaine façon, a tué le modèle féodal.

Quel est le point de départ historique de la RMA ? La guerre du Viêtnam ?

Probablement. C’est là où l’on a vu apparaître les premières bombes guidées par laser, à la fin du conflit, en 1972. Ces systèmes de guidage ont multiplié par mille la puissance de destruction des bombes « aveugles ». Une fantastique progression de la productivité militaire. Par ricochet, la précision des armes a permis d’alléger les forces militaires et d’augmenter leur mobilité dans des proportions inédites.

Le grand chantier en cours de l’armée américaine est l’Integrated Information Infrastructure (III ou 3 Eyes, trois yeux). De quoi s’agit-il ?

Les Américains bâtissent une infosphère capable de travailler 24 heures sur 24, qui permettra de suivre le déroulement des opérations militaires en temps réel. Il s’agira d’une infrastructure distribuée, non centralisée, selon le principe d’Internet. 3 Eyes, déjà en partie opérationnel au Kosovo, intégrera les informations recueillies par les troupes au sol, par les avions de reconnaissance et par des drones espions furtifs pouvant rester dans les airs pendant des semaines et équipés de toutes sortes de capteurs : soniques, chimiques, magnétiques, gravimétriques, sismiques, radar... Qu’il le veuille ou non, le soldat du XXIème siècle se déplacera aussi dans l’univers cyberspatial. Même bien caché, il sera toujours repérable dans un spectre quelconque. Vous avez entendu parler de la technologie MEMS ?

Pas précisément... De quoi s’agit-il ?

Les MEMS sont des systèmes micro-électromécaniques. On s’en sert déjà dans l’industrie automobile pour fabriquer les capteurs des airbags. Imaginez un objet volant pas plus grand ni plus lourd qu’un mouchoir. On l’enduit d’une couche photoélectrique captant l’énergie solaire. De minuscules moteurs MEMS propulseront l’objet dans les airs. Le micro-drone pourra détecter les appareils ennemis et télécharger ses observations aux appareils amis. Pour un coût unitaire ridicule, moins de 10 dollars [environ 70 francs], on implantera des capteurs par millier, puis par million, sur le champ de bataille. Semés par l’artillerie ou épandus comme du désherbant, par avion, ils pourront aussi rester en suspension dans les airs pendant plusieurs jours. Bientôt, ils seront transportés par des micro ou des nanorobots !

Revenons à 3 Eyes.

Oui. Une fois transmise par les capteurs, cette masse d’informations doit être digérée, synthétisée et interprétée. Pour ça, des agents intelligents œuvrent dans votre système informatique via des architectures complexes, d’où certaines difficultés techniques. Une fois l’info traitée, elle s’affiche sous forme analytique sur un écran représentant un champ de bataille, mettons de 1 000 km2, en 3D. La présentation des données varie selon l’âge de l’info (1/2 heure, 24 heures, etc.) et sa crédibilité. D’un coup d’œil, on sait quand telle colonne de chars a été repérée, et quelle est la probabilité pour qu’elle se dirige dans telle direction. Le stratège a une vision totale et instantanée du terrain. Ce système accélère formidablement le rythme de la bataille. MacArthur disait que l’histoire de la guerre se résume en deux mots : « Trop tard ».

Là, vous parlez des états-majors. Mais 3 Eyes est conçu comme un réseau non centralisé, ces données seront-elles accessibles aux combattants ?

Potentiellement, oui. Après, c’est un problème de sécurité et de cryptographie. Depuis le terrain, le sergent pourra obtenir, en live, une carte météo de sa zone, visualiser en temps réel sa situation et celle de ses ennemis, participer aux vidéoconférences et aux briefings, commander des analyses tactiques, ou accéder aux photos prises par les drones. Le slogan actuel de l’armée américaine pourrait être : « Préparons-nous aux guérillas high-tech ». Elle s’organise dans ce sens, avec de petites unités mobiles, autonomes, disposant à tout moment d’une puissance de feu d’une précision déterminante.

Quels sont les pays sérieusement engagés dans la RMA ?

Aujourd’hui, il n’y a que les ...tats-Unis. L’Europe ne consacre pas assez d’argent à la recherche militaire. En France notamment, la puissance réelle militaire reste très faible au vu du budget de la Défense.

Mobilité, vitesse, furtivité : la RMA, c’est le retour du fantassin. Pourriez-vous décrire l’équipement du soldat de demain ?

D’abord une remarque : le niveau moyen du bidasse va devoir s’élever, rien que pour la maîtrise de son équipement. Car les fantassins seront bientôt habillés d’uniformes de combat intelligents. L’armée américaine a déjà commandé 5 000 Land Warriors, une armure qui protège des balles d’armes légères et des éclats d’obus. Un maillage externe permet de passer en mode camouflage. Un des textiles utilisés est un dérivé de la toile d’araignée, solide et léger. L’ordinateur intégré au Land Warrior peut voyager virtuellement sur le champ de bataille, sous tous les angles, y compris celui de l’adversaire. L’œil ou la voix peuvent commander les armes. Des capteurs renseignent sur l’état physique du soldat. En cas de blessure, cette armure sait faire des garrots et peut déclencher l’injection de coagulants ou d’antiseptiques. À terme, on envisage des systèmes nutritionnels transdermiques.

Et la biotechnologie ?

Là, les échéances sont plus lointaines. Mais l’armée compte sur le génie génétique pour développer l’aptitude à l’apprentissage et améliorer les performances sensorielles.

Les unités de combat lourdes et puissantes sont-elles périmées ?

Non. Mais la RMA donne un sacré coup de vieux au porte-avions et au char d’assaut. Ces deux plates-formes, fers de lance de l’armée depuis la Seconde Guerre Mondiale, sont devenues vulnérables : trop lourdes, trop visibles. La doctrine de la RMA cherche à produire des effets plus que des masses. L’agglomération d’une grande quantité de forces n’est plus indispensable, et peut même devenir une faiblesse. Pour remplacer le porte-avions, des projets existent, comme celui d’un vaisseau arsenal, une base d’artillerie à très longue portée, presque dénuée de superstructures, furtive, dotée d’un équipage d’à peine une cinquantaine de personnes, capable de frapper tout en restant hors d’atteinte des ennemis potentiels.

Peut-on évaluer l’avantage d’une armée post-RMA par rapport à une armée traditionnelle ?

En mars 1997, une manœuvre militaire a opposé dans le désert du Mojave, Californie, 5 000 hommes d’une division d’infanterie mécanisée organisée en réseau (l’Exfor, force expérimentale) au 11ème régiment de cavalerie blindée, l’Opfor, force d’opposition très aguerrie avec le même nombre d’hommes. Les 900 véhicules de l’Exfor disposaient d’un ordinateur de bord et d’un GPS. Tout était câblé et relié : l’équipement en informatique et en télécommunication valait celui d’un immeuble de 30 étages. Les logiciels de cet intranet de bataille brassaient, relayaient et transmettaient l’information horizontalement et verticalement. La position des forces amies était automatiquement enregistrée et transmise, les forces ennemies repérées par des drones. Le tout était instantanément diffusé sur le réseau, ce qui donnait une vision précise et constamment mise à jour de la situation. L’Exfor a écrabouillé l’Opfor.•

Bibliographie Histoire de l’antisémitisme (1945-92), Le Seuil, 1994 Puissances & Influences - Géopolitique et géostratégie à l’aube de l’an 2000, Mille et une nuits, 1999 La guerre au XXIe siècle,Odile Jacob, 1999

 
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